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2017, Fronde générale

2017, Fronde générale
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2017, cru exceptionnel. Pour la première fois dans la Ve République, aucun des candidats à la présidentielle n’est assuré de pouvoir compter sur une majorité parlementaire après les législatives. Pire, tous les prétendants majeurs font l’objet d’une dissidence interne à leur propre mouvement. Revue des troupes avant la Bérézina.

D’abord, il faut préciser que sauf surprise monumentale, ni Nathalie Arthaud, ni François Asselineau, ni Jacques Cheminade, ni Jean Lassale, ni Nicolas Dupont-Aignan, n’ont la moindre chance d’être élus. Encore moins en n’étant pas invités au débat de TF1. Si cela arrivait, ils devraient évidemment faire avec une Assemblée Nationale composite.

Procédons de gauche à droite :

  • Jean-Luc Mélenchon

    -Dissensions à gauche. Les critiques les plus virulentes à l’encontre du chef de file de la France Insoumise viennent de ses propres alliés, communistes ou d’Ensemble. « Leader minimo », « égocentrique », « auto-proclamé », les insultes fusent chez ceux qui seraient censés être ses plus fidèles soutiens. Les élus communistes sont même allés jusqu’à faire du chantage aux parrainages à Mélenchon, qui n’a validé ses fameuses 500 signatures que le 14 mars. Dernier débat en date au sein de la « gauche de la gauche » : la pertinence – ou non – du déploiement de drapeaux Bleu-Blanc-Rouge lors de la manifestation du 19 mars.

  • Benoît Hamon

    COMBO-FRANCE-VOTE-PRIMARIES-LEFTLe Parti Socialiste va exploser. Après un quinquennat calamiteux, le Président en exercice est dans l’incapacité de se représenter. Un frondeur a remporté assez facilement la Primaire contre le dépositaire du bilan, Manuel Valls. Depuis la victoire de Benoît Hamon, la crise est ouverte. Par dizaines, des membres éminents de son propre camp quittent le navire pour rejoindre Emmanuel Macron. François de Rugy et Manuel Valls, tous deux candidats à la Primaire et engagés à soutenir le vainqueur, ont déjà trahi leur parole.

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  • Emmanuel Macron

    1212273_en-marche-macron-suscite-des-tensions-a-gauche-avec-son-mouvement-politique-web-tete-021824086406L’exception qui confirme la règle. Le candidat En Marche avance, poussé par une ahurissante campagne médiatique en sa faveur, vers sa probable élection. Cependant, son mouvement politique, fait de bric et de broc, semble dans l’incapacité de remporter les élections législatives. Il sera bien compliqué pour l’ancien banquier d’affaires de présenter des candidatures cohérentes aux élections de juin. Son parti ratisse tellement large que se côtoient des profils immiscibles. Sérieusement, Robert Hue, Gérard Collomb, Daniel Cohn-Bendit, Alain Minc, François Bayrou et Alain Madelin travailleraient ensemble ? Même si Macron remporte la présidentielle puis les législatives, on voit mal comment un tel attelage pourrait se mettre d’accord sur la moindre mesure. Un retour à la IVe République pour achever la Ve ?

  • François Fillon

    3414-francois-fillon_5758679Sorti vainqueur de la Primaire de la Droite et du Centre, François Fillon est aujourd’hui dans une situation qui semble inextricable.
    Quasiment chaque jour offre son lot de nouvelles révélations sur son train de vie de pacha, qui a amené la justice à le mettre en examen. Motifs : « détournement de fonds publics », « complicité et recel de détournement de fonds publics », « complicité et recel d’abus de biens sociaux » et « manquement aux obligations déclaratives ». Rien que ça.

    En conséquence de quoi d’innombrables soutiens de son propre camp ont décidé de tourner le dos à leur champion, pour ne pas être associés au naufrage qui s’annonce. Finalement, aucun plan B n’a été validé. Ni Juppé ni Baroin. C’est bien Fillon, malgré les affaires, qui représentera la droite. Il s’appuie sur son socle électoral, catholique et libéral, qui semble insuffisant pour l’emporter au suffrage universel.Capture

  • Marine Le Pen

    marine le pen portrait.jpgLa candidate du Front National, malgré la menace agitée depuis des années par les classes politiques et médiatiques, n’a aucune chance d’être élue. Quel que soit son adversaire au second tour. Sa défaite à venir pourrait être une étape majeure dans le processus d’implosion qui s’annonce au FN. Il semble en effet impossible de faire tenir ensemble sur le long terme les deux clans qui s’affrontent au sein du parti xénophobe.

    D’un côté, se trouvent les tenants de la dé-diabolisation (Marine Le Pen-Florian Philippot), de l’autre ceux du FN à l’ancienne, identitaire et réactionnaire (Marion Le Pen-Gilbert Collard-Robert Ménard). A terme, tous ceux là devraient s’entre-tuer et le schisme du FN semble inéluctable.

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Un pays ingouvernable ?

Le flou est total quant à l’identité du futur président. Il en va de même pour les législatives qui se tiendront dans la foulée. Toutefois, une chose semble à peu près certaine : le FN devrait faire bien mieux que ses 13% de 2012, qui ne lui avaient offert que 2 députés, en vertu du mode de scrutin particulier (uninominal majoritaire à deux tours). Si, comme on peut l’imaginer, « la Flamme » termine aux alentours de 25% des suffrages, se sont près de 70 députés Front National qui siégeront à l’Assemblée Nationale. Une vraie vague, mais pas suffisante pour gouverner.

Le PS devrait payer le prix du mandat désastreux de François Hollande, débordé sur sa droite par En Marche, véritable inconnue de cette équation. Seul François Fillon semble susceptible d’emporter la majorité au Palais Bourbon. Pourtant, son profil d’homme menteur et vénal, tenant un discours de rigueur insoutenable à entendre au vu de son profil, le disqualifie d’office sur le plan moral. La révolte populaire sera certainement gigantesque si le mari de Pénélope est élu et demande aux Français de se serrer la ceinture.

On peut donc imaginer que, quel que soit le nouveau locataire de l’Elysée, il devra composer avec une fronde interne et une minorité législative. Le quinquennat à venir s’annonce folklorique…

Matthieu Le Crom

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