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Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?

Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?
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Le 15 octobre 1987, le monde apprenait le décès de Thomas Sankara, président du Burkina Faso. Son assassinat mettait fin à une expérience révolutionnaire sans précédent en Afrique. Durant quatre ans, Thomas Sankara avait défié la mainmise des ex-puissances coloniales sur son pays et impulsé des réformes destinées à le sortir du sous-développement ; sur la scène internationale, il s’était fait l’avocat des peuples du Sud en lutte contre l’impérialisme. L’assassinat du « Che africain » s’est déroulé dans les circonstances les plus obscures. Encore aujourd’hui le gouvernement français, soupçonné d’être l’un de ses commanditaires, refuse la nomination d’une commission d’enquête sur ce sujet.

Le joug de la Françafrique

Sékou Touré, président guinéen (1958-1984)

En 1983, la France ne possède officiellement plus de colonies ; mais pour bien des pays africains, l’indépendance reste une chimère. Des liens très forts subsistent entre le gouvernement français et ses ex-colonies. Les réseaux franco-africains, gérés par le gaulliste Jacques Foccart, favorisent les chefs d’Etat les plus à même de garantir les intérêts géopolitiques et économiques du gouvernement français. Le Franc CFA, issu de l’époque coloniale, maintient les pays qui l’utilisent dans une véritable servitude monétaire, puisque 50% de leurs réserves de change doivent demeurer dans la Banque de France. Les rares gouvernements qui l’ont refusé, comme celui de Sékou Touré en Guinée, ont été victimes de multiples tentatives de déstabilisation… Les Présidents africains sont pour la plupart de dociles serviteurs des grands intérêts français, qui perpétuent des structures néo-coloniales à l’aide d’un puissant appareil de répression.

Félix Houphouët-Boigny, Président de Côte d’Ivoire (1960-1993) avec Jacques Foccart, gestionnaire des réseaux françafricains.

Félix Houphouët-Boigny est emblématique de cette génération de leaders africains qui sont demeurés au pouvoir avec le soutien actif et intéressé de l’Etat français. Président de la Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, il plaidait pour le renforcement de la « France-Afrique« . Ce concept mélioratif a été repris par l’économiste François-Xavier Verschave qui a forgé le néologisme « Françafrique » afin de dénoncer les liens néo-coloniaux entre ces deux entités. C’est dans ce contexte que Thomas Sankara arrive au pouvoir en Haute-Volta (le nom que portait à l’époque le Burkina Faso), à la tête d’une troupe de jeunes officiers. La Haute-Volta est alors l’un des pays les plus sous-développés d’Afrique. En 1983 la mortalité infantile y est estimée à 180 pour 1000, et l’espérance de vie à 40 ans ; l’analphabétisme touche 98% des voltaïques, tandis qu’il n’y a qu’un médecin pour 50.000 habitants. Une situation qui ne laissait pas indifférent Thomas Sankara. Il devait déclarer plus tard, à la tribune de l’ONU :

« D’autres avant moi ont dit, d’autres après moi diront à quel point s’est élargi le fossé entre les peuples nantis et ceux qui n’aspirent qu’à manger à leur faim, boire à leur soif, survivre et conserver leur dignité. Mais nul n’imaginera à quel point le grain du pauvre a nourri chez nous la vache du riche »

« Malheur à qui bâillonne le peuple »

Âgé de 33 ans en 1983, Thomas Sankara est alors le plus jeune chef d’Etat au monde. Influencé par Karl Marx mais aussi par la Révolution Française, proche des courants communistes, il incarne pour beaucoup l’aile la plus radicale du spectre politique. Un an plus tôt, il avait démissionné du poste de secrétaire d’Etat à l’information en direct à la télévision, en déclarant : « malheur à qui bâillonne le peuple« . Il avait ensuite été nommé Premier Ministre après un changement de gouvernement, avant d’être arrêté et emprisonné ; sur ordre de la France, pensait-il, qui le voyait comme un dangereux agitateur. Il arrive finalement au pouvoir le 4 août 1983, à la tête d’un groupe d’officiers progressistes.

« C’est une lutte de classes sans pitié et sans merci »

Il renomme alors la Haute-Volta (patronyme hérité de l’époque coloniale) en Burkina Faso (« pays des hommes intègres » en Burkinabé) et engage son pays sur la voie d’une expérience révolutionnaire à marche forcée. Inspiré par Cuba, il entreprend la construction de grands chantiers (écoles, hôpitaux, logements, routes). Son but est de doter le Burkina Faso d’infrastructures modernes, mais aussi de concrétiser des droits qu’il considère comme élémentaires : doit au logement, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation. Il mène une grande campagne d’alphabétisation, destinée à éradiquer illettrisme (qui touche 92% des Burkinabés en 1983) ; en quatre ans, le taux de scolarisation passe de 6% à 24%. Le gouvernement parvient, en quelques années, à vacciner des millions de familles, ce qui lui a valu les compliments de l’OMS.

Cette ambitieuse politique de réforme sociale ne peut se faire qu’en rompant avec le cadre néo-colonial, féodal et tribal qui prévalait alors. Une réforme agraire est enclenchée, et des tribunaux populaires sont mis en place afin de permettre aux paysans de juger (parfois de manière arbitraire) leurs ex-propriétaires. Une partie des ressources naturelles est nationalisée. Selon Jean Ziegler, rapporteur à l’ONU sur le droit à l’alimentation, le Burkina Faso était devenu autonome sur le plan alimentaire à la fin de la Présidence de Sankara.

Sankara pensait que sans souveraineté nationale et populaire, toute tentative de développement serait vouée à l’échec. Il savait que cette politique de redistribution des richesses et d’indépendance nationale multipliait ses adversaires : partisans de la Françafrique, entreprises transnationales, chefs tribaux et féodaux… « C’est une lutte de classes« , déclarait-il lui-même. « La lutte de classes est sans pitié et sans merci« . Il aimait à citer Saint-Just : « celui qui fait la Révolution à moitié creuse sa propre tombe« . 

Il cherche à promouvoir une forme de pouvoir populaire à travers les « Comités de Défense de la Révolution », des institutions locales dotées d’une forme de souveraineté. Si elles permettent effectivement l’inclusion des Burkinabés dans la vie politique, elles exercent aussi une fonction de contrôle et de répression des opinions divergentes. Sankara rejette l’autoritarisme de l’Union Soviétique et est favorable, sur le principe, au pluralisme des opinions et des pratiques politiques ; il pense cependant que dans le contexte extrêmement difficile du Burkina Faso, l’Etat (théoriquement contrôlé par le peuple) doit exercer une forme de censure et de répression. Cette posture l’a brouillé avec certains mouvements syndicaux ou libertaires qui l’avaient soutenu lors de son arrivée au pouvoir.

Thomas Sankara et Fidel Castro

« La patrie ou la mort, nous vaincrons ! « 

Thomas Sankara et Mouammar Kadhafi

Sa politique détonne de la même manière sur le plan international. Anti-impérialiste, il n’est pas pour autant aligné sur l’Union Soviétique, qu’il ne se dispense pas de critiquer. Il cherche à multiplier les alliances multilatérales avec les nations qu’il considère comme non-alignées : Cuba dirigé par Fidel Castro ; le Ghana présidé par le populiste Jerry Rawlings ; le Nicaragua de Daniel Ortega ; la Grenade sous Maurice Bishop ; ou encore la Libye de Mouammar Kadhafi ; alors « socialiste » et nassérien, le « guide suprême » Kadhafi, aussi erratique que mégalomane, finira par se retourner contre Sankara…

Sankara en appelle à chacun de ses déplacements à la solidarité internationale des peuples du monde entier en lutte contre les puissances de l’argent ; il clôture chacun de ses discours par le slogan retentissant popularisé par Fidel Castro et Che Guevara : « la patrie ou la mort, nous vaincrons ! « . Il plaide à l’ONU pour un ordre mondial libéré de la domination des puissances néo-coloniales et du pouvoir croissant des multinationales ; il se fait l’avocat des Sud-Africains victimes du régime d’apartheid, des Palestiniens, du peuple sahraoui en quête d’indépendance.

Thomas Sankara à l’ONU, en 1986

« Nous affirmons, comme Jose Marti,  que nous sentons sur notre joue tout coup donné à n’importe quel homme du monde. Nous avons jusqu’ici tendu l’autre joue. Les gifles ont redoublées, et le cœur de nos maîtres ne s’est pas attendri. Alors, nos yeux se sont ouverts à la lutte des classes. » (Discours de Thomas Sankara prononcé à l’ONU, 4 octobre 1984)

C’est peut-être son aplomb et son impertinence qui ont le plus marqué ses contemporains. Il n’a pas hésité, lors d’une conférence de presse (le 17 novembre 1986) en compagnie de François Mitterrand, à prendre celui-ci à parti pour dénoncer les liens entre l’Etat français et les dictatures africaines.

Thomas Sankara et François Mitterrand

Il s’était adressé au Président français en ces termes : « Nous n’avons pas compris comment des bandits, comme Jonas Savimbi [mercenaire angolais responsable de crimes contre l’humanité], des tueurs comme Pieter Botha [premier ministre sud-africain, partisan de l’apartheid] ont eu le droit de parcourir la France, si belle. Ils l’ont tâchée de leurs mains et de leurs pieds, couverts de sang« . Il avait ajouté, visant plus qu’implicitement le Président français : « tous ceux qui leur auront permis de poser ces actes en porteront l’entière responsabilité, ici et ailleurs, aujourd’hui et toujours« .

« La dette est une reconquête savamment orchestrée de l’Afrique »

Thomas Sankara n’entretenait pas (c’est le moins que l’on puisse dire) des relations amicales avec les Etats-clients de la France dont la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny était l’archétype. Elles se sont encore détériorées après le discours de Thomas Sankara à la conférence d’Addis-Abeba sur la dette. Sankara y dénonce le mécanisme d’exploitation que constitue le système de la dette.

« Le système de la dette fait en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave, tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l’obligation de rembourser »

Il ramenait la dette à ce qu’elle était en dernière instance : un rapport de force entre débiteurs et créanciers, nations du Sud et gouvernements du Nord, ex-colonies et ex-métropoles. Il connaissait trop les sacrifices imposés par l’austérité budgétaire aux pays du Sud pour songer à honorer les obligations du Burkina Faso auprès des créanciers internationaux.

« La dette ne peut pas être remboursée parce que, d’abord, si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également »

Il exhortait (sans espoir) les autres gouvernements africains à refuser de payer leur dette d’un même jet « ceci« , ajoutait-il, « pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner« . « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence« , avait-il ajouté. Il ne croyait pas si bien dire.

L’héritage sankariste

Si le nom de Thomas Sankara est aussi respecté dans les pays du Sud, ce n’est pas seulement parce qu’il a été l’infatigable avocat de l’indépendance des peuples et l’acteur majeur de la révolution sociale burkinabée. C’est aussi parce qu’il a bouleversé en profondeur les mentalités de son pays. Il n’a pas hésité à défendre des réformes radicales destinées à émanciper les femmes burkinabées, dans une société extrêmement patriarcale. Il déclarait à ce propos :

« Poser la question de la femme dans le société burkinabée aujourd’hui, c’est poser la question de l’abolition du système d’esclavage auquel elle a été soumise pendant des millénaires. »

Proche de sa mère lorsqu’il était enfant, Thomas Sankara l’aidait dans ses tâches quotidiennes ; il était devenu sensible à la douleur de la condition des femmes burkinabées. Devenu Président, il avait institué la scolarisation égalitaire et mixte des filles et des garçons et encouragé la participation active des femmes au pouvoir politique via les Comités de Défense de la Révolution. Il avait mis en place des commissions spéciales chargées de réprimer les inégalités salariales entre hommes et femmes. Pour montrer la nature arbitraire de la distribution des rôles sociaux, il avait imposé une journée annuelle dans le calendrier burkinabé, où les hommes et les femmes échangeaient, pendant vingt-quatre heures, leurs rôles : les hommes allaient au marché tandis que les femmes partaient travailler.

Dans un pays fracturé par une multiplicité de clans et de tribus, de tensions ethniques et culturelles, Thomas Sankara promouvait un patriotisme républicain, destiné à faire disparaître ces distinctions au profit de la seule appartenance nationale. Il rejetait le concept de « négritude » cher à Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, ou d’African personality, qui se développait en Amérique du Nord. Il n’y voyait que la promesse de vagues revendications identitaires, qui laissaient de côté les questions essentielles de classe et de souveraineté. Partout où il se déplaçait, à Ouagadougou comme à Harlem, il insistait sur la nécessité de transcender les barrières raciales pour permettre l’union des damnés de la terre entière contre l’ennemi commun.

Qui a assassiné Thomas Sankara ? 

La réponse la plus évidente est connue : il s’agit de Blaise Compaoré. Ce jeune officier avait suivi Sankara dans toutes ses aventures politiques. Il était considéré par Sankara lui-même comme son ami le plus proche et l’un de ses seuls confidents. Il l’a assassiné à l’issu d’un coup d’Etat, le 15 octobre 1987.

Blaise Compaoré et Thomas Sankara.

Jalousie, corruption, mégalomanie : nul ne connaît les mécanismes qui ont poussé Compaoré à trahir Sankara ; il n’existe de toutes façons aucun moyen de répondre de manière certaine à cette question, et ne présente qu’un faible intérêt politique.

Une question à laquelle il serait tout à fait possible de répondre et du plus haut intérêt politique, en revanche, réside dans les forces politiques, géopolitiques et diplomatiques qui ont soutenu ou préparé ce coup d’Etat. On sait que l’Etat français était très hostile à Thomas Sankara, pour des raisons évidentes. François Mitterrand n’était pas insensible aux problèmes du Tiers-Monde ; il a régulièrement plaidé pour l’annulation des dettes des pays du Sud ; néanmoins, il n’était pas favorable à ce qu’un leader radicalement indépendantiste mette en péril les intérêts géostratégiques et économiques de l’Etat français. Il faut ajouter à cela l’élection législative de 1986 qui a vu la droite l’emporter, le gouvernement Mitterrand accepter la cohabitation et le retour de Jacques Foccart au gouvernement. Le gouvernement américain de Ronald Reagan n’appréciait pas non plus outre mesure Thomas Sankara, ce dangereux marxiste qui multipliait les rencontres avec Fidel Castro, appelait les Noirs d’Harlem à se soulever contre leurs oppresseurs et conditionnait l’entrée des capitaux étrangers au Burkina Faso à des conditions extrêmement strictes. Les Etats africains n’étaient pas en reste ; les plus liés aux réseaux françafricains, comme la Côte d’Ivoire, voulaient se débarrasser de cet homme qui exposait à chaque instant leur duplicité et leur soumission à l’ordre néo-colonial du monde. Il faut ajouter à tout cela l’inimitié de la Libye de Mouammar Kadhafi et du chef de guerre (et futur président) libérien Charles Taylor à l’égard de Sankara. Tous deux avaient sollicité Sankara pour utiliser le Burkina Faso comme base militaire ; Kadhafi, dans ses lubies expansionnistes, souhaitait mener ses troupes vers le Tchad, et Charles Taylor effectuer un coup d’Etat au Libéria. Ils ont tous deux essuyé un refus de la part du gouvernement de Sankara.

Blaise Compaoré était l’un des intermédiaires entre Thomas Sankara et ces factions hostiles. Alors qu’il le conseillait, Blaise Compaoré avait des contacts réguliers avec la hiérarchie militaire et diplomatique libyenne et ivoirienne, ainsi qu’avec des personnalités françaises et libériennes. Après avoir pris le pouvoir, il a rétabli les liens d’antan entre son pays et l’Etat français, accueilli tous les capitaux internationaux à disposition et autorisé Charles Taylor et Mouammar Kadhafi à utiliser le Burkina Faso comme base militaire.

François Hollande et Blaise Compaoré.

L’Etat français  a témoigné sa reconnaissance à l’assassin de Sankara à de nombreuses reprises. Lorsque, en automne 2014, des centaines de milliers de Burkinabés ont contraint Blaise Compaoré à démissionner après vingt-sept ans de règne tyrannique, c’est le gouvernement de François Hollande qui a affrété un hélicoptère pour permettre à Blaise Compaoré (de fuir la colère de la foule ; il s’est réfugié en Côte d’Ivoire, dirigée par Alassane Ouattara, ex-ministre de … Félix Houphouët-Boigny. On ne laisse pas tomber un vieil allié après trente ans de bons et loyaux services.

Alassane Ouattara et Blaise Compaoré.

Bien sûr, toutes ces analyses, à elles seules, n’impliquent aucunement que toutes ces puissances géopolitiques (la France, les Etats-Unis, la Côte d’Ivoire et la Libye) aient effectivement contribué à l’assassinat de Sankara aux côtés de Compaoré. Sans éléments empiriques pour les appuyer, elles relèvent du procès d’intention. Or, ces éléments empiriques existent. De multiples témoignages suggèrent une implication des services secrets français et américains, ainsi que de la hiérarchie militaire libyenne et ivoirienne. Le documentaire du journaliste italien Silvestro Montanaro en dévoile quelques-uns du plus haut intérêt, en caméra cachée. Un militaire libérien, ancien proche de Charles Taylor, y évoque notamment une décision coordonnée et multilatérale ; des représentants du gouvernement libyen, du gouvernement français et Charles Taylor lui-même se seraient retrouvés en Libye avec Blaise Compaoré pour planifier l’assassinat de Sankara. Il ajoute : « le piano fut accordé par les Américains et les Français. Il y avait un homme de la CIA à l’ambassade des États-Unis au Burkina qui travailla en étroit contact avec le chef des services secrets de l’ambassade française, eux ont pris les décisions les plus importantes ».

Ces éléments mériteraient, au moins, une enquête coordonnée des gouvernements français et burkinabé. Or, l’Assemblée refuse de nommer une commission parlementaire pour enquêter sur l’assassinat de Thomas Sankara. Les groupes communistes et de gauche anti-libérale déposent régulièrement des projets de loi destinés à former une telle commission. Djordje Kuzmanovic, porte-parole de la France Insoumise pour les questions de défense et de géopolitique et conseiller de Jean-Luc Mélenchon, milite pour la réouverture de l’enquête.

La parenthèse Sankara était terminée, la mafia françafricaine pouvait continuer à opérer comme au bon vieux temps. La vaccination, la scolarisation et l’accès à l’alimentation avaient cessé d’être des priorités du gouvernement burkinabé. Les indicateurs sociaux du Burkina Faso sont aujourd’hui parmi les plus faibles d’Afrique, que l’on prenne l’espérance de vie, la mortalité infantile ou le taux d’alphabétisation, l’un des plus bas du monde (27% en 2012)…

 

Pour aller plus loin :

  • Françafrique : le plus long scandale de la République, de François-Xavier Verschave. Il s’agit du meilleur livre sur la question françafricaine ; un chapitre est dédié au Burkina Faso.
  • La victoire des vaincus, de Jean Ziegler. Ancien rapporteur pour le droit à l’alimentation de l’ONU, conseiller (et admirateur) de Thomas Sankara, Jean Ziegler replace l’épisode burkinabé dans le contexte plus global de la mondialisation néolibérale.
  • Biographie de Thomas Sankara – La patrie ou la mort, de Bruno Jaffré
  • Le documentaire de Silvestro Montenero rassemble quelques témoignages du plus haut intérêt : https://www.youtube.com/watch?v=94hBLBThVdo
  • Les textes de Sankara, des études sur le Burkina Faso et des données statistiques sont compilées sur le site thomassankara.net.

Crédits :

  • thomassankara.net
  • http://netafrique.net/modification-de-la-constitution-francois-hollande-a-ecrit-a-blaise-compaore/
  • http://beninmondeinfos.com/index.php/monde/33-afrique/1022-affaire-thomas-sankara-alassane-ouattara-va-t-il-extrader-blaise-compaore-a-ouaga

Comment(1)

  1. Houphouët-Boigny et les dirigeants pro-occidentaux des pays d’Afrique de l’ouest commençaient à avoir vraiment peur de la popularité de Thomas Sankara.

    Aujourd’hui toujours, contrairement à ce que prétend chaque président français nouvellement élu, la France à fric est en pleine forme.
    Ce n’est plus du colonialisme version XIXème siècle,de nos jours ce sont les grandes entreprises qui utilisent les forces armées occidentales ou privées pour installer ou défaire untel ou untel pour continuer leur pillage.
    La France met en place un ouattara, sécurise un blaise, on envoie untel au CPI pendant qu’un autre déjeune tranquillement au dom perignon.

    Il faudrait plutôt employer le terme de françamérique à fric (comme Tiken Jah) ;
    Au Burkina l’implantation USAID est de plus en plus présente, les cyniques expliquent que c’est une preuve de bienveillance occidentale pour protéger les pauvres africains de la prédation des chinois… bien sur…
    En attendant, le nouveau filon pour les prédateurs du Burkina ce sont les mines d’or et les proprios sont toujours occidentaux ; Canada, France…

    Il y pourrait aussi y avoir des liens entre la guerre du Liberia et l’assassinat de Thomas Sankara. Blaise avait donné refuge et equipement aux « scorpions noirs » de taylor qui préparaient le renversement de Samuel doe à Monrovia.
    Sankara ayant appris cela exigea leur départ du pays et aurait précipité ainsi son assassinat, taylor étant un nouveau pion dans le jeu des occidentaux.

    Et contrairement au souhait des pilleurs d’Afrique ; Tom Sank est toujours vivant dans le coeur de la jeunesse burkinabé !

    Ps : Le « warlord » Charles taylor a été envoyé en prison par la justice anglaise pour son rôle dans la guerre civile en Sierra Leone, alors que les USA n’ont jamais rien fait contre ce tueur de masse ni, bien entendu, contre l’entreprise firestone qui s’engraissait avec lui pendant les massacres du Liberia.

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