©Ulysse Rabaré
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Ulysse Rabaté est conseiller municipal de Corbeil-Essonnes et Pierre Saint-Gal, dirigeant de l’US Fontenay. Nous avons souhaité les interroger sur la place du football dans les quartiers populaires après l’euphorie de la Coupe du monde et suite à la publication de leur tribune dans Libération qui appelait à soutenir les clubs amateurs.


LVSL – Quelques jours seulement après la victoire de la France à la Coupe du monde, vous avez publié dans Libération une tribune intitulée « Pour que les Bleus versent 10% de leurs primes à leur premier club », avec Pierre Saint-Gal, dirigeant de l’US Fontenay. Comment vous est venue cette idée ? Des joueurs ont-ils répondu à cet appel ?

Pour nous, il était assez naturel de prendre la parole sur ce sujet. En tant que responsables politique et associatif, on réfléchit toute l’année au développement du sport, à son lien avec la société, à l’articulation entre sports amateur et professionnel. La victoire de l’équipe de France a été un immense moment sportif, mais aussi un épisode politique marquant. Nous avons été nombreux à essayer de comprendre ce qui se jouait hors des terrains. D’autant plus que la connivence entre le sport et la politique n’est un secret pour personne.

L’enjeu politique était le suivant : comment profiter de ce moment exceptionnel, sans sombrer dans une absence coupable de recul critique sur ce qui se jouait ? À l’inverse, comment dénoncer l’instrumentalisation politique et les dérives évidentes d’une compétition, comme la Coupe du monde de football, sans faire les rabat-joies déconnectés du monde réel ?

Le déclic a été cette phrase de Macron adressée aux joueurs à l’Elysée : « N’oubliez pas d’où vous venez ». Cette sortie était tellement scandaleuse, de la part d’un pouvoir politique qui avait attaqué le monde associatif avec la diminution drastique et incompréhensible des contrats aidés, qui avait méprisé ces mêmes associations en enterrant le Plan Banlieue et l’espoir qui l’accompagnait. On a interprété cette sortie hypocrite comme le résultat d’une sorte d’injonction de la réalité : non seulement l’équipe de France championne du monde est en grande majorité issue des quartiers populaires, mais en plus, les joueurs ont à maintes reprises fait référence à leurs villes et à leurs clubs d’origine.

« Ces champions du monde sont au bout d’une chaîne de solidarités et d’engagements, dont le sport professionnel est la partie émergée et déformée. Le football professionnel est indissociable du monde amateur. L’un ne peut exister sans l’autre. »

Écrire cette tribune et l’adresser implicitement aux joueurs était donc une façon d’entrer dans cette brèche qu’ils avaient eux-mêmes ouverte. Désigner « 10 % de leurs primes » était, à vrai dire, plus symbolique qu’autre chose. D’ailleurs, certains joueurs avaient déjà décidé de les reverser entièrement à des associations. L’objectif était de tirer le fil d’une idée simple : les parcours de réussite qui, selon l’expression consacrée, « ne doivent rien à personne », n’existent pas. Au contraire, ces champions du monde sont au bout d’une chaîne de solidarités et d’engagements, dont le sport professionnel est la partie émergée et déformée. Le football professionnel est indissociable du monde amateur. L’un ne peut exister sans l’autre.

Quand Macron prononce cette phrase, il y a quelque chose de scandaleux et d’indécent, qui est une pure expression de son logiciel politique : il ne s’intéresse à « là d’où ils viennent » (de quoi parle-t-il, d’ailleurs ?) que parce qu’ils sont aujourd’hui au sommet. Le monde lui apparaît seulement à travers ceux qui « réussissent »,  et in fine ceux qui lèvent une coupe. Nous, le monde réel, nous le côtoyons tous les jours, et il nous intéresse tous les jours. Notre moteur politique, c’est justement celui ou celle qui ne réussit pas ou plutôt, qui défend ou exprime une autre idée de la réussite.

Si nous nous sommes adressés aux joueurs via cette histoire de prime, c’est que nous considérons que eux, contrairement au Président Macron et à ceux qui l’entourent, font partie de ce monde dont nous parlons. Ils sont en mesure de défendre cette idée plus complexe de la réussite. Par leur parcours, ils savent ce que c’est, que d’être en quête de parents véhiculés pour parcourir les routes un jour de match. Ils ont vu leurs éducateurs faire des allers-retours, ramenant des jeunes jusque dans leur salon. Ils ont fouillé dans leur poche, cotisé avec le reste du vestiaire, pour acheter le pack d’eau qui manque pour l’entrainement. Ils ont aussi vu les copains échouer aux portes des centres de formation et basculer dans le camp des « invisibles ». Le retour de la prime du champion du monde à son premier club, c’était une manière de rappeler tout ça.

« Nous faisons partie de ceux qui ont trouvé ridicules les leçons d’une certaine partie de la « gauche » à l’encontre de l’engouement populaire qu’a généré cette Coupe du monde. Opposer cette ferveur au mouvement social, comme on a pu le lire, c’est ne rien comprendre ni à l’un, ni à l’autre. »

À la publication de cette tribune, nous avons été contactés par de nombreux médias dans l’idée de taper sur les joueurs, selon le fameux refrain des « milliardaires qui tapent dans un ballon ». Mais notre démarche ne s’inscrivait pas du tout là-dedans. Le propos se voulait positif, et soulignait l’excellence française en terme de formation, qui trouve ses racines dans notre milieu associatif et nos territoires, et dont les joueurs sont à bien des égards les dignes représentants. Nous faisons partie de ceux qui ont trouvé ridicules les leçons d’une certaine partie de la « gauche » à l’encontre de l’engouement populaire qu’a généré cette Coupe du monde. Opposer cette ferveur au mouvement social, comme on a pu le lire, c’est ne rien comprendre ni à l’un, ni à l’autre. De la même manière, défendre nos associations de quartier, nos clubs amateurs, en tapant sur les joueurs professionnels, c’est contre-productif. À Corbeil-Essonnes, à Fontenay-sous-Bois, ce succès était un événement chargé d’énergie positive : c’est dans cette énergie que se situent pour nous les ressources pour affronter ce que l’on prétend combattre.

Nous n’avons pas eu de retour des joueurs, mais à vrai dire, ce n’était pas vraiment l’objectif. Nous n’avions pas trop d’illusions, nous connaissons les consignes de la F.F.F. et des agences de communication qui gèrent la carrière des joueurs : pas de commentaire sur la politique ! Alors même qu’on leur demande en permanence d’être « exemplaires » : toutes les polémiques absurdes sur le fait de chanter ou non l’hymne national sont pourtant 100 % politiques. Il suffit de regarder ailleurs pour se rendre compte que cette neutralisation politique n’est pas la même partout. Aux Etats-Unis, certains sportifs s’autorisent à commenter la politique, c’est le cas avec des stars comme Lebron James ou les joueurs de N.H.L qui s’agenouillent durant l’hymne national. Ce fut aussi le cas avec Mohammed Ali, Jesse Owens ou encore Tommie Smith et Juan Carlos. Pourquoi, chez nous, les sportifs sont-ils si « empêchés politiquement » ? La distance entre les sportifs professionnels et le champ politique est une réalité que l’on déplore.

LVSL – Ces clubs sportifs jouent un rôle important pour la cohésion sociale, de surcroît dans les quartiers défavorisés. Qu’est-ce que le football incarne dans ces quartiers ?

La formule que vous employez est un euphémisme. Peut-être faut-il se poser la question dans l’autre sens. Il est important de rappeler que la pratique sportive, sous toutes ses formes, transcende complètement les territoires et les milieux sociaux. La mission première des associations sportives, c’est avant tout d’offrir un lieu de pratique sportive à chacun.e, selon ses capacités, ses désirs et ses ambitions. Depuis les années 80, on a progressivement fait endosser aux associations ce rôle de « cohésion sociale »… exclusivement dans les quartiers populaires !

« Le football n’est pas qu’un colmateur de brèches pour des territoires en mal de cohésion sociale : c’est avant tout un vecteur d’émancipation et de mobilisation collective, profondément ancré dans des contextes sociaux, historiques et politiques. »

Aujourd’hui, nombre d’associations sportives « remplissent le vide » dans les quartiers : il n’y a pas de valorisation complète du travail que font ces associations sans interrogation critique de ce vide. Vous ne trouverez aucun éducateur sportif qui se dira heureux de jouer le rôle de l’école ou des parents ! De la même manière, comment ne pas être désarçonné lorsque le football professionnel, dont on connaît les hasards et les difficultés, constitue la seule perspective d’un jeune de 14 ans ? Le discours selon lequel le football incarnerait « une alternative à la rue » est à la fois une réalité quotidienne et un leurre contreproductif. Pour répondre à votre question, une réponse exigeante serait que le football incarne une promesse démesurée d’ascension sociale qu’il ne devrait pas incarner, et prend une place qu’il ne devrait pas prendre.

Mais dans le même temps, et c’est aussi le versant positif de notre discours, le football incarne une culture et un socle de valeurs qui tirent la société vers le haut. La recherche a révélé ces dernières années ce que Mickaël Correia a appelé « L’histoire populaire du football » dans son livre éponyme. Le football n’est pas qu’un colmateur de brèches pour des territoires en mal de cohésion sociale : c’est avant tout un vecteur d’émancipation et de mobilisation collective, profondément ancré dans des contextes sociaux, historiques et politiques.  Évidemment que le football est un champ de luttes, d’autant plus aujourd’hui avec ce qu’il représente à l’échelle mondiale…

Cette dimension politique et culturelle du football se confronte à des mécanismes permanents de neutralisation. Notre tribune, notre pratique au quotidien en tant qu’élus et acteurs associatifs, c’est justement de refuser cette aseptisation. Et pour vous faire une confidence, c’est le sens aussi de la campagne nationale pour l’éducation populaire que nous lancerons dans les prochaines semaines avec un collectif appelé Quidam, en partenariat avec des acteurs associatifs indépendants et engagés, des intellectuels, des élus locaux et nationaux. Tout comme dans notre tribune, nous revendiquons l’idée que ces actions sont une résistance au néolibéralisme et à l’atomisation de la société qui l’accompagne. Le président Macron veut faire des joueurs de l’équipe de France les ambassadeurs de son modèle de société. La réalité de leur parcours incarne l’inverse. Disons-le et, idéalement, disons-le ensemble.

LVSL – Pourtant, ces associations sont aujourd’hui à bout de souffle. Lors des quatre dernières années, 4 000 clubs amateurs ont disparu, sur 18 000, soit 22% des clubs. Ceux qui survivent le doivent à un engagement collectif exceptionnel, des bénévoles et des professionnels. Comment expliquez-vous cet affaiblissement ?

Depuis quelques années, les raisons de cet affaiblissement sont connues et souvent exprimées par les acteurs de terrain. La baisse des subventions publiques, l’essoufflement de l’engagement bénévole ou encore, pas plus tard que l’an dernier, la suppression par le gouvernement des emplois aidés mettent terriblement à mal les clubs sportifs.

Lors de cette rentrée sportive, les toutes dernières annonces du gouvernement en matière de sport sont une attaque en règle du modèle sportif français. Le budget du ministère va baisser de 6,2% l’an prochain. On annonce la disparition de 1 600 emplois au sein du ministère des sports, soit près de la moitié des professionnels qui constituent ce modèle ! Et comme pour bien marquer ces mesures du sceau de l’idéologie, on plafonne le reversement de la taxe « Buffet » à 25 millions d’euros alors même que les droits TV du foot ont atteint le niveau-record d’un milliard d’euros. Cette taxe était une véritable mesure d’équité qui permettait de reverser une partie de ce montant en direction du sport amateur. Exit donc son esprit originel et l’idée de « ruissellement » qu’elle impliquait entre le sport professionnel et le monde amateur.

Il est certain qu’en mettant bout à bout cette série de décisions, qui visent à considérer le sport comme un supplément d’âme, cela donne une situation alarmante à la base, dans ces clubs où s’échinent des milliers d’éducateurs et de bénévoles. Comme pour la santé ou l’éducation, il existe aujourd’hui une logique de privatisation selon laquelle la pratique sportive tend à n’être accessible qu’aux « premiers de cordée ».

LVSL – Les scènes de liesse lors de la Coupe de monde ont à nouveau illustré la capacité du football à rassembler les Français autour d’une ferveur populaire sincère et communicative. De même, alors que certains cherchaient à ramener ces joueurs à leurs origines, ces derniers n’ont pas été avares de déclarations d’amour pour leur pays, et se sont dits à plusieurs reprises « fiers d’être français ». En tant qu’acteur de la vie politique et associative, qu’avez-vous ressenti lors de ces célébrations, et des débats qui ont suivi cette victoire ? Ces réactions ont-elles une dimension politique ?

D’abord, en tant qu’acteurs politique et associatif en banlieue, nous avons accueilli avec un grand bonheur les moments de fête et de communion qui ont accompagné la victoire. Alors que certains voudraient exacerber les divisions dans notre société, ces moments rappellent l’incroyable énergie du commun, l’évidence des liens entre les citoyens de notre pays. Pour les gens engagés dans la vie publique comme nous, ces moments ont évidemment une portée très politique, et une saveur particulière. On fait le lien entre les valeurs qui sont véhiculées dans des moments comme celui-ci, et le combat « culturel » dans la société d’aujourd’hui, pour aller contre le discours absurde du « choc des civilisations » et tous ses dérivés.

Par ailleurs, l’engouement exceptionnel que beaucoup ont observé (parfois avec étonnement) dans nos villes de banlieue exprimait clairement une fierté à l’égard de l’image de la France que renvoyait l’équipe championne du monde, dont beaucoup de joueurs sont issus de l’immigration. Une image peut-être plus flatteuse, plus proche de la réalité aussi, que celle que renvoient la politique ou les médias. Nous considérons là encore que c’est un aspect très positif du moment que nous avons vécu, dont il faut s’inspirer pour l’avenir.

« Nous pouvons relever des réels motifs d’espoir dans le foot professionnel : l’existence de clubs populaires comme le Red Star, l’activisme des supporters progressistes du FC Sankt-Pauli en Allemagne ou encore le soutien apporté par de nombreux joueurs de foot à leur premier club. »

Les débats qui ont accompagné les déclarations spontanées des joueurs sur « la fierté d’être français » s’inscrivent dans un contexte. Depuis plusieurs années et particulièrement depuis le « traumatisme » de Knysna, le football a cristallisé les injonctions d’une certaine Zemmourisation des esprits : les footballeurs, tout comme les jeunes des quartiers populaires, doivent montrer patte blanche et démontrer qu’ils ont le patriotisme chevillé au corps pour que nous soyons certains de leur amour de la France. C’est une vision à l’opposé de notre façon d’appréhender ce sujet.

Cette sélection comportait vingt-trois joueurs français, aux origines, aux parcours et aux identités multiples. Ils ont chacun fait le choix de défendre les couleurs de leur pays, sont allés au bout d’eux-mêmes pour « ramener la coupe à la maison » et fêter avec leurs concitoyens cette victoire. Dans le sport, il n’y a pas besoin de plus pour prouver l’attachement à son pays.

LVSL – D’une certaine façon, le football apparaît comme un langage universel compréhensible par tous, et son expansion à l’échelle mondiale en est la preuve. Mais cette popularité est en même temps à l’origine d’un foot business et de ses dérives, bien loin des valeurs de partage et de solidarité du football amateur. Le règne du foot business est-il inéluctable ? Le capitalisme a-t-il fini de digérer la culture populaire ?

Comme nous le disions tout à l’heure, nous ne souscrivons pas à cette forme d’angélisme qui tend à considérer le monde amateur comme le paradis perdu des idéalistes et le sport professionnel comme l’incarnation du grand capital et l’opium du peuple moderne. Le football, amateur comme professionnel, n’est qu’un miroir grossissant de notre société. Ce serait un leurre de croire que le foot se vit en toute autonomie. Certes, les sommes en jeu sont considérables car nous parlons du sport le plus populaire au monde. La finale de la coupe du monde a rassemblé plus d’un milliard de personnes sur terre, vous imaginez donc les enjeux colossaux derrière la marchandisation du foot.

« Le règne du « foot-business » n’est pas inéluctable s’il y a en face de la volonté politique. »

Mais il existe également des dérives dans le foot amateur : on peut évoquer la course à l’échalote pour détecter de jeunes prodiges et l’apparition sauvage d’agents de joueurs, ou encore la compétition à outrance dans les catégories de jeunes qui fait perdre de vue l’essentiel de la pratique sportive à ces âges-là. Tout comme nous pouvons relever des réels motifs d’espoir dans le foot professionnel : l’existence de clubs populaires comme le Red Star, l’activisme des supporters progressistes du FC Sankt-Pauli en Allemagne ou encore le soutien apporté par de nombreux joueurs de foot à leur premier club. Le tableau n’est pas tout noir ou tout blanc, il est fait de nuances importantes pour qui veut appréhender le football comme un objet politique de masse.

Le règne du « foot-business » n’est pas inéluctable s’il y a en face de la volonté politique. Nous l’avons vu ces dernières années : l’instauration par la FIFA d’un système de fair-play financier, ou encore le reversement prévu lors d’un transfert d’une partie du montant aux clubs amateurs sont des exemples que les lignes peuvent bouger. Mais il est certain que le foot, en tant que phénomène planétaire, est un terrain de jeu propice aux ambitions financières.

Nous ne dirions pas pour autant que le capitalisme a fini par digérer la culture populaire. Il y a sans nul doute une lutte permanente pour y parvenir, mais on le voit bien avec la dernière pub Nike qui illustre son célèbre slogan « Just Do It » avec le footballeur américain Colin Kaepernick. Kaepernick avait posé un genou au sol durant l’hymne américain pour protester contre les violences policières et avait ensuite été copieusement insulté par Donald Trump. Qui digère qui là-dedans ? Qui oblige l’autre à se positionner ? Une certaine lecture peut nous permettre de dire qu’une révolte populaire a incité ou obligé la plus grande firme au monde, dans un contexte et un environnement précis, à se situer du côté de cette révolte.

Le propre des systèmes de domination, c’est de « voiler » ce qui les fragilise et les remet en cause. Là encore, nous avons envie d’inverser la formulation de votre question : les cultures populaires (on peut discuter ce vocable), considérées comme des ensembles de pratiques, de représentations sont au contraire une ressource incontestable dans le combat contre le capitalisme aujourd’hui et dans la création de valeurs alternatives, largement partagées. Justement parce qu’ils émergent du monde ordinaire, et que les revendications portées sonnent juste. À ce sujet, le grand philosophe américain Stanley Cavell, décédé cette année, parlait de « démocratisation du perfectionnisme » : la culture populaire (pour lui c’était le cinéma populaire, qui faisait l’objet d’une réelle ferveur partagée dans sa jeunesse) est le lieu de la discussion sur la société dans laquelle nous vivons, ses normes et leur (af)franchissement possible.

En ce sens, ce qui s’est passé en France cet été est aussi une leçon d’humilité pour celles et ceux qui prétendent faire de la politique. En effet, il s’agit de toujours mieux considérer ces lieux de formulation de valeurs critiques à l’égard du monde capitaliste. Le football en est bien un ! Voilà pourquoi nous transposons à celui-ci, en tant que culture populaire, cette phrase de Cavell : « S’il existe des gens qui continuent à réaliser des œuvres telles que ces films pour un public d’amis et d’inconnus, des œuvres qui nous aident à imaginer cette possibilité d’échange entre êtres humains, qui sait ce que nous pouvons encore espérer ? ».

Entretien réalisé par Leo Rosell et Lenny Benbara


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