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Le joli hold-up de M. Macron

Le joli hold-up de M. Macron
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Faisant fi d’une base sociale très minoritaire, Macron entend utiliser le vote anti-lepéniste d’hier soir pour imposer son programme de guerre sociale dicté par la Commission Européenne.

 Le résultat d’hier : une « majorité » en trompe l’oeil

« Sur les ordonnances, il vient d’avoir le soutien de 65% des Français pour dire « nous voulons aller au bout de la réforme du Code du Travail. » Et les Francais viennent de lui donner un blanc-seing. Il sera difficile de considérer qu’il n’a pas la majorité pour réformer le pays tel qu’il l’a présenté aux Français«  triomphe Juliette Méadel, secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes et proche de Manuel Valls. La manipulation est grossière. Elle cache surtout la réalité du scrutin d’hier.

La réalité est la suivante : cette élection a atteint la plus haute abstention depuis 1969. Pour la première fois, l’abstention progresse entre les deux tours alors qu’elle avait reculé de 8  points en 2002. Plus de 12 millions de Français, soit un quart des électeurs inscrits ont refusé de participer au second tour. Ce n’est pas seulement un vote de pêcheurs à la ligne. Pour une large part, c’est une abstention active traduisant un refus de ce duel sordide entre l’extrême-droite et l’héritier caricatural du hollandisme finissant. A cet océan d’abstention s’ajoute les plus de 4 millions de Français qui ont voté blanc ou nul. Accumulés, cela représente 34% de Français qui ont refusé ce duel morbide qui conduit le pays dans l’impasse.  Ils sont même plus nombreux que les 22% d’électeurs inscrits qui ont fait le choix de l’extrême-droite.

Au lendemain de ce scrutin, il est donc clair que c’est avec beaucoup de dépit que les Français ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L’adhésion à son projet est très faible.

Une utilisation indigne de ce score par le camp Macron

Ce matin, l’oligarchie semble satisfaite. Comme pendant la campagne, les unes à la gloire d’Emmanuel Macron se multiplient. Après avoir titré « Faites ce que vous voulez mais votez Macron« , la nouvelle pravda au service d’En Marche ! félicite son candidat d’un sobre « Bien joué ». Le Monde titre « Le triomphe de Macron », occultant l’abstention et le net recul de Macron par rapport au score réalisé par J.Chirac en 2002 (82% contre moins de 18% pour Jean-Marie Le Pen). A l’heure où le piège se referme, la caste jubile.  La palme du lèche-bottes revient certainement à L’Express qui salue le « président le plus jeune de la Vème République« , un « parcours époustouflant » et un « espoir« . Hier, tous les soutiens de Macron ou presque entendaient utiliser ce vote de rejet de l’extrême-droite pour légitimer le programme de guerre sociale que Macron veut imposer. Suivant les ordres de la Commission Européenne et de son suzerain allemand, le roitelet Macron compte franchir une étape dans la destruction du Code du Travail avec la fin des 35 heures, des heures supplémentaires et la facilitation des licenciements en ligne de mire. Pour éviter toute contestation sociale, Macron entend imposer la réforme par convocation extraordinaire du Parlement et ordonnance en juillet prochain. Après avoir installé une ambiance de travail, Macron poursuivra avec la destruction de l’Etat et de ses services publics par la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Il en finira avec la retraite par répartition en glissant progressivement vers le système injuste de la capitalisation en installant un système de retraite par points.

La manoeuvre paraît à jour : l’extrême-droite a été favorisée de toutes les manières possibles par la caste. Les médiacrates l’ont tour-à-tour dédiabolisée, repeint en populiste pour l’associer à Mélenchon et lui donner un vernis social et républicain. En en faisant la seule alternative au candidat de l’oligarchie, la caste des médiacrates a conduit à ce vote de rejet de l’extrême-droite ce qui permet à Macron de légitimer son programme de destruction des acquis sociaux les plus élémentaires. Fort de sa faible représentativité, il pourra utiliser les arsenaux anti-démocratiques de la Vème République, Macron pourra imposer des réformes dont le peuple ne veut pas.

A l’instar de Juliette Méadel, l’ensemble des soutiens de Macron entendent utiliser ce scrutin comme un vote d’adhésion afin d’imposer aux forceps ce programme de destruction en règle de ce que la France compte encore d’acquis sociaux. C’est faire fi de la base sociale extrêmement minoritaire qu’a Emmanuel Macron. Alors que 34% des électeurs se sont abstenus ou ont voté Blanc ou Nul, seulement 43% des électeurs inscrits ont voté pour Emmanuel Macron. Selon un sondage Ipsos, 43% des électeurs de M.Macron ont voté contre Marine Le Pen. Pire, seuls 16% affirment avoir voté pour son programme. Selon la même étude, 61 % des Français interrogés ne souhaitent pas donner à Emmanuel Macron une majorité absolue au Parlement. D’ailleurs, 70% des Français s’opposent au projet de réforme du Code du Travail qu’il présente. Ils sont assez cohérents puisqu’ils refusaient la Loi Travail dans des proportions similaires.

Encore une élection marquée par les fractures françaises

Comme au premier tour, la sociologie électorale est riche d’enseignements. Comme prévu, les catégories populaires ne s’y retrouvent pas. Si elle atteint des niveaux records, l’abstention a été plus forte chez les jeunes (le tiers des moins de 35 ans se sont abstenus), chez les catégories populaires (30% d’abstention chez les employés / ouvriers), les chômeurs (35%) et au sein des foyers les moins aisés (34%). Plus encore, Macron obtient ses meilleurs soutiens auprès des cadres (82%), des plus diplômés (81%), des retraités (74%), des plus aisés (75%) ; auprès de ceux qui déclarent « s’en sortir facilement avec les revenus du ménage » (79%). Contrairement à la candidature de J.-L. Mélenchon qui avait contesté la place occupée par l’extrême-droite dans l’électorat populaire, la campagne catastrophique d’Emmanuel Macron a jeté les classes populaires qui ont exprimé un vote dans les bras de Marine Le Pen : elle a été majoritaire chez les ouvriers (56% / 44%), et chez ceux « qui s’en sortent très difficilement avec les revenus du ménage » (69% / 31%).

Les chiffres permettent également de tordre le coup à la propagande journalistique selon laquelle les « extrême se rejoignent dans le vote Le Pen ». En effet, seulement 7% des personnes ayant voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour ont fait le choix du vote Le Pen. 52 % se sont opposés à l’extrême-droite en votant Macron et 41 % se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Les principaux renforts pour le FN sont venus de la droite : 20% des anciens électeurs de Fillon ont voté Le Pen.

Contrairement à ce que que les sbires de Macron essaient de faire croire, le vote d’hier était avant tout un vote d’opposition à l’extrême-droite. Les océans d’abstention sont là pour démontrer la faible base sociale que possède le projet de M.Macron. En vérité, depuis le 23 avril, Macron prépare les législatives en tentant de marginaliser, par des injonctions morales et des reductio ad Le Penum, tout alternative se glissant entre Le FN et lui. La caste jubilait le 23 avril en voyant que la seule opposition au candidat de l’oligarchie était l’extrême-droite  majoritairement rejetée dans le pays. Elle s’attache à finir le travail en imposant l’idée que le vote d’hier était un vote d’adhésion au diktat de la Commission Européenne. Mais les faits sont têtus. Le peuple Français aussi. Ils pourraient bien infliger une belle leçon aux médiacrates lors des élections législatives.

Sources : http://www.ipsos.fr/decrypter-societe/2017-05-07-2nd-tour-presidentielle-2017-sociologie-electorats-et-profil-abstentionnistes

                         http://mobile.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/quatre-chiffres-qui-montrent-que-l-election-d-                            emmanuel-macron-n-est-pas-si-ecrasante_2180067.html#xtref=acc_dir

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