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Macron à l’Elysée : la fête continue pour les lobbies pollueurs

Macron à l’Elysée : la fête continue pour les lobbies pollueurs
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Le fils prodige est arrivé. Lors de la passation de pouvoir, les prophètes médiatiques ont eu le droit de célébrer l’installation du divin enfant dans sa nouvelle demeure. Reste qu’en coulisses, les lobbies pollueurs s’agitent. L’idée d’un Macron écolo déjà peu convaincante, en a pris un sacré coup. Du Trump light en somme. 

Macron écolo, vraiment ?

Soutien au CETA, proposition d’ouverture de mines « responsables » en Guyane, développement de la recherche publique sur les OGM et le gaz de schiste, position changeante sur Notre-Dame-Des-Landes, l’arrivée de Macron à l’Elysée n’était guère rassurante. Surtout qu’après son passage creux devant la WWF, Macron est allé voir les chasseurs pour les rassurer sur le fait qu’il n’en pensait pas un mot. Pour préparer son intervention, il a rencontré la fédération des chasseurs à quatre reprises. « C’est une surprise, on ne l’attendait pas beaucoup sur ces thématiques-là, s’étonne Thierry Coste, lobbyiste en chef de la Fédération des chasseurs. On rencontre tout le monde, mais lui a été très disponible. » Estimant « qu’on y arrivera que si on réconcilie les métropoles, les villes de taille moyenne et la ruralité. » (c’est vrai que la première préoccupation des habitants des territoires ruraux, c’est de pouvoir chasser le dimanche. L’emploi, la désertification, le départ des services publics, ce n’est pas essentiel), il assurait aussi que « ceux qui opposent environnement et chasse ont un combat de retard ». Comble de la soirée, l’héritier de Capet voulait rouvrir les chasses présidentielles, jugeant que cela « fascine dans le monde » et que cela fait partie de la « culture française « . A choisir, on préférait presque quand il niait son existence.  Dommage pour lui, Kadhafi, dernier bénéficiaire de cette tradition d’Ancien Régime, ne pourra pas y participer. Pour finir le tableau, interrogé sur une éventuelle alliance avec les écologistes (pourtant adeptes des couleuvres), Macron répond un brin méprisant : « Je me suis arrêté à la ligne sur le nucléaire [du programme] et ça m’a suffi. » Macron ne souhaite pas non plus « rouvrir le sujet » du bien-être animal, pas plus que celui des chasses traditionnelles.

Un Premier Ministre au passé inquiétant 

Après une passation de pouvoir à laquelle il a eu le mauvais goût de venir en voiture Diesel (alors qu’une étude récente révèle que les dépassements d’émissions sont ont été responsables de 38 000 morts en 2015), la nomination d’Edouard Philippe a confirmé l’inconscience écologique du Président Macron. Ainsi, outre ses manquements à la transparence et son absentéisme maladif  à l’Assemblée, notre cumulard de Premier Ministre se trouve avoir été lobbyiste en chef pour Areva. Cela commence mal ! En effet, suite à la défaite de Juppé aux législatives de 2007, Edouard Phillippe a du quitter le ministère de l’Ecologie (!) pour devenir directeur des affaires publiques d’Areva, joli mot pour parler d’un lobbyiste. Il est alors chargé de rassurer les députés sur le rôle d’Areva au Niger.

Mais le CV du petit nouveau ne s’arrête pas là. Le bonhomme a voté contre les rares lois écolos du quinquennat. Il a voté contre la loi biodiversité qui porte, notamment, l’interdiction des néconicotinoïdes tueurs d’abeilles. Il s’est également opposé à la loi de transition énergétique portant un programmation pluriannuelle visant le passage à 50% de la part du nucléaire dans le mix énergétique. Vous voyez le lien avec Areva ? Pas rassurant alors que 18 centrales vont arriver au bout de leur durée de vie pendant ce quinquennat et que la lutte continue contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Au passage, il a signé une résolution pour l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur l’exploitation des pétroles et gaz de schiste. Inquiétant alors que M.Macron veut ne s’oppose pas à la recherche sur ce sujet.

Evidemment, Edouard Philippe est favorable au projet d’aéroport de Notre-Dames-Des-Landes alors que M.Macron n’a toujours pas tranché le sujet. Son mandat en tant que maire du Havre laisse présager peu d’espoirs. Pierre Dieulafait, de l’association Écologie pour le Havre et conseiller municipal raconte :  « on a dû se bagarrer pour que les friches, les espaces résiduels, soient maintenus en l’état pour former des trames vertes et bleues et pas transformés en zones commerciales et d’activité ». Le maire du Havre  a défendu bec et ongles la centrale à charbon du site du Havre. Qu’en dira Emmanuel Macron qui a inscrit dans son programme la fermeture de toutes les centrales à charbon françaises d’ici la fin de son quinquennat ? Pour finir le tableau, Edouard Philippe est venu avec Charles Hufnagel et Benoît Ribadeau-Dumas dans sa besace. Le premier sera son directeur de la communication. Il a travaillé chez EDF, avant d’entrer chez Areva où il était notamment chargé de négocier la vente de réacteurs nucléaires aux Emirats arabes unis. Un échec cuisant pour la filière nucléaire française, des industriels coréens ayant finalement été choisis. Il est alors parti quelques mois en Corée, comme vice-président d’Areva Korea, avant de rejoindre en novembre 2010 Alain Juppé, qui était alors ministre de la Défense, comme chargé de communication. Il est ensuite retourné chez Areva, en octobre 2012, comme directeur de la communication, jusque décembre 2015. Le second, désormais directeur de cabinet du Premier Ministre, a travaillé auprès de Jean-Pierre Raffarin quand celui-ci était Premier ministre mais il a surtout servi pendant cinq ans chez CGG (Compagnie générale de géophysique), une entreprise spécialiste de l’exploration du sous-sol qui travaille principalement avec les industries du pétrole et du gaz.

Dans ce contexte, la composition du gouvernement est très curieuse. Notons qu’aucun des écologistes qui a soutenu Macron n’est promu au gouvernement. La nomination de Bruno Le Maire fait froid dans le dos. Sa proposition phare consistait à supprimer le principe de précaution. La nomination de Nicolas Hulot interroge. L’homme est fin. Sans doute a-t-il obtenu quelques garanties du Président Macron alors qu’il assurait que son vote du second tour n’était pas un vote de conviction.  On craint que, pour M.Macron, il ne soit qu’un faire-valoir pour rendre acceptable une politique productiviste et anti-sociale. La bande de lobbyistes productivistes qui entourent le Premier Ministre, lui même inconscient des défis écologiques, et la présence de Gérald Darmanin et de Bruno Le Maire à Bercy ne laissent rien présager de bon. La bonne volonté de Nicolas Hulot risquera d’être vite broyé par un gouvernement et un président qui lui seront vite hostiles.

Sources : http://www.francetvinfo.fr/politique/francois-fillon/presidentielle-quand-les-candidats-brossent-les-chasseurs-dans-le-sens-du-poil_2097265.html

https://reporterre.net/Le-Premier-ministre-Edouard-Philippe-vient-d-Areva-et-n-a-pas-la-fibre-ecolo

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