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Grèce: Wikileaks révèle qu’Obama a soutenu le plan d’austérité

Grèce: Wikileaks révèle qu’Obama a soutenu le plan d’austérité
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(Barack Obama et Alexis Tsipras; alors que le Président américain avait publiquement soutenu le Premier Minsitre grec, Wikileaks révèle que les Etats-Unis ont en réalité appuyé la Commission Européenne…)

yankees-go-home-iiLa visite de Barack Obama en Grèce lors de sa tournée européenne a provoqué de violentes manifestations ; à l’appel du Parti Communiste grec et d’autres mouvements opposés à l’austérité, plusieurs milliers de Grecs sont descendus dans la rue pour s’en prendre à « l’impérialisme » américain. À première vue, ces manifestations ont de quoi surprendre ; suite à l’élection d’Alexis Tsipras, Barack Obama avait soutenu la démarche du Premier Ministre grec : il fallait faire preuve de « compréhension » envers le peuple grec, avait déclaré le Président américain. De la même manière, lors de cette tournée européenne, Barack Obama a critiqué la dureté des réformes imposées à la Grèce au parlement hellénique.

Wikileaks révèle qu’en réalité le gouvernement américain a soutenu la Commission Européenne et les mesures d’austérité qu’elle préconisait, contre le gouvernement grec. Dans un mail de John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton, on peut lire que le gouvernement américain a chargé Bill Clinton, l’ancien Président américain, de demander à Alexis Tsipras d’accepter le plan d’austérité. La position du gouvernement américain était finalement celle de la majorité des Etats européens, du FMI et de la Commission Européenne : la Grèce devait accepter de privatiser ses ressources pour pouvoir rembourser sa dette.

Un autre mail de John McDonough, secrétaire de Barack Obama, adressé au secrétaire de Bill Clinton, souligne « l’importance pour la Grèce de rester dans la zone euro pour des raisons économiques et géopolitiques ».

D’un point de vue économique, il n’est pas étonnant que les Etats-Unis souhaitent que la Grèce reste dans la zone euro ; l’Union Européenne a toujours été vue par le gouvernement américain comme une zone de libre-échange qui pourrait accueillir les capitaux américains. La sortie de la Grèce de la zone euro aurait pu entraîner la mise en place d’une économie plus protectionniste : une sombre perspective du point de vue des multinationales et du gouvernement américain. De plus, la sortie de l’euro aurait permis l’annulation d’une partie de la dette que le gouvernement grec devait au FMI : une éventualité que le gouvernement américain a voulu éviter.

D’un point de vue géopolitique, les intentions du gouvernement américain sont encore plus claires. Depuis le Traité de Maastricht, en vertu de son article 42, il est impossible pour un pays membre de l’OTAN qui rejoint l’Union Européenne de sortir de l’OTAN. Autrement dit, la sortie de la Grèce de l’Union Européenne ouvrait la voie à une possible sortie de l’OTAN. Une perspective intolérable pour les Etats-Unis, surtout en période de tensions militaires avec la Russie.

Les manifestants anti-austérité avaient donc quelques raisons de s’en prendre aux Etats-Unis. Depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le continent européen est considéré par les Américains comme une tête de pont pour combattre leurs ennemis : hier le Bloc Soviétique, aujourd’hui les nations qui n’ouvrent pas leurs frontière aux capitaux américains. Durant la Guerre Froide, les Etats-Unis ont fermement soutenu le projet de construction européenne. Cette correspondance révélée par Wikileaks montre que les Etats-Unis s’intéressent toujours de près au devenir de la construction européenne, et ne voient pas d’un bon œil qu’un pays résiste aux institutions européennes et à ses prescriptions économiques.

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Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne, stipendié pendant des années par SYRIZA comme « l’oligarque » responsable des malheurs de la Grèce, devient soudainement « un grand ami » du pays…

Alexis Tsipras s’est plié à la volonté de la Commission Européenne et du FMI ; il a fait voter au Parlement grec des plans d’austérité encore plus radicaux que le
s précédents, et traite en ami les ennemis d’hier. On l’a vu repeindre Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission Européenne, en « ami de la Grèce ». On l’a également vu se rendre au « Clinton’s Global Initiative », une rencontre annuelle organisée par Bill Clinton, et répondre chaleureusement aux questions que lui posait l’ancien Président américain ; ce même Bill Clinton qui, quelques mois plus tôt, faisait pression sur lui pour qu’il accepte les mesures d’austérité… Un revirement d’autant plus surprenant qu’en en 1999, un cortège d’étudiants grecs manifestait contre la venue de Bill Clinton en Grèce et dénonçant « l’impérialisme américain » ; l’un des leaders de ce cortège s’appelait… Alexis Tsipras.

Alexis Tsipras et l'ex-Président américain Bill Clinton au Clinton's Global Initiative de 2015.
Alexis Tsipras et l’ex-Président américain Bill Clinton au Clinton’s Global Initiative de 2015.

Vincent Ortiz

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