Home Politique Primaire de la BAP : Camba n’attend ni Faudot ni Nadot !
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Primaire de la BAP : Camba n’attend ni Faudot ni Nadot !

Primaire de la BAP : Camba n’attend ni Faudot ni Nadot !
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A la suite de Pierre Larrouturou et de Nadot, Bastien Faudot a été recalé de la primaire de la BAP (Belle alliance populaire). Que va-t-il se passer après cette humiliation pour l’ancien parti de Jean-Pierre Chevènement ?

Nous vous informions lundi en exclusivité de la candidature de Bastien Faudot à la primaire de la Belle Alliance Populaire. Cambadélis, sollicité également par le « progressiste » Nadot du parti de Robert Hue, et par Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), a dit non à l’ « open bar ».

C’est un revers pour la candidature Faudot. Surement celle qui était la plus avancée des trois, avec un nombre de parrainages flirtant avec les 200, la chute n’en est que plus grande. Pour rappel, dimanche, lors d’un conseil national, le MRC avait voté la participation de son candidat à la primaire. Malheureusement pour eux, ils n’étaient pas invités à y participer. D’ailleurs, ils avaient refusé d’y participer il y a un an. Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne et président du MRC, avait même paraphrasé Boris Souvarine pour qualifier la Belle Alliance Populaire : « autant de mensonges que de mots »[1]. Pour lui, l’alliance proposée par Jean-Christophe Cambadélis était une « parodie » de la gauche plurielle. Force est de constater que Cambadélis n’a pas apprécié ce revirement.

En définitive, seuls les membres fondateurs de la BAP, Mélenchon et Macron sont invités.

 Jean-Christophe Cambadélis, dans une allocution télévisuelle, a rendu compte des décisions de la haute autorité de la BAP. Seuls le PS, les Ecologistes ! de de Rugy, le Front Démocrate de Benhamias et le PRG de Pinel, tous membres fondateurs de la « Belle Alliance Populaire », seront invités à la primaire. C’est « trop tard » pour les autres. Il n’y a pas d’ « open bar », a-t-il ajouté… avant de se contredire deux minutes plus tard ! En effet, si Faudot, Nadot et Larouturou, volontaires, ne sont pas invités, Mélenchon et Macron, bien décidés à présenter leur candidature hors-primaire, le sont, eux. Une décision rocambolesque qui a plus à voir aux sondages et aux capacités réelles de nuisance qu’à un quelconque règlement. Comme l’a rappelé Laurent de Boissieu dans La Croix[2], la décision du PS résulte d’un choix politique, aucun règlement n’existant pour des candidats hors-BAP. Les candidats malheureux semblent donc légitimes dans le fait de pointer l’hypocrisie du PS, qui appelle depuis des semaines au rassemblement.

Pour le MRC, l’enterrement de sa candidature et la fin de l’illusion d’une capacité de nuisance ?

Pour le MRC, c’est un coup dur. La décision, nous l’avons rappelé lundi, était déjà contestée en interne, et a provoqué la démission de plusieurs secrétaires nationaux. C’est maintenant une humiliation politique pour un parti qui revendique 6.000 adhérents mais qui, depuis le départ de Jean-Pierre Chevènement, pourrait en avoir selon des sources internes, que le dixième. Tout de même, les démissions semblent endiguées par l’annonce de Cambadélis. En interne, ceux qui contestaient la décision en appellent désormais à un congrès extraordinaire. « Un congrès extraordinaire peut être convoqué par le conseil national ou par un tiers des adhérents à jour de cotisation » nous a confié un cadre s’étant opposé à la participation à la primaire. « Le MRC a réussi à survivre sur le souvenir de Jean-Pierre Chevènement et de ses plus de 5% à la présidentielle de 2002 qui, pour beaucoup de socialistes, avait empêché Lionel Jospin de se qualifier au deuxième tour. Nous recaler de la primaire, c’est dire que nous n’avons plus aucun pouvoir de nuisance ».

Et maintenant quel destin pour le MRC ?

 Avec deux députés élus avec le soutien du parti socialiste, le MRC risque de ne pas en finir avec les échecs. La troisième députée était partie à République Moderne avec Jean-Pierre Chevènement après le congrès de 2015 (elle soutient désormais Arnaud Montebourg). Et le seul député en mesure d’être réélu, Christian Hutin (Nord), est déjà vice-président de République Moderne (et du MRC). Une situation assez originale mais qui pourrait lui permettre de garder le soutien du PS si Montebourg est désigné en janvier comme candidat de la BAP. Déjà aux dernières élections locales, le MRC avait perdu de nombreux élus. Outre les régions perdues par la gauche ou sans plus aucune représentation de la gauche élue (le MRC avait 5 élus dans les régions Nord-Pas de Calais et Picardie, un en PACA), le MRC a fait alliance dans de nombreuses régions avec le PCF, sans que cela ne procure d’élus.

Une stratégie à « géométrie variable » qui était une première pour le parti. Cette évolution fut freinée par le résultat de la consultation interne du PCF : André Chassaigne, candidat officieux à la présidentielle, entretient de très bonnes relations avec le MRC national et local. Il avait participé il y a deux ans à une conférence à l’assemblée nationale organisée par le MRC : « Faut-il sauver l’euro ? » Localement, il avait mené les tractations avec le MRC pour que la liste de Cécile Cukierman, en Auvergne Rhône-Alpes, soit une liste PCF-MRC. Mais la décision des militants communistes rendit mort-née cette possibilité. Le ralliement à Mélenchon ne semble pas une option alors qu’à la base, certaines convergences semblent se dessiner entre les militants de La France Insoumise et le MRC. Hier, Bastien Faudot qualifiait d’ « erreur politique » l’absence du candidat de la France Insoumise des primaires. On peut se demander si néanmoins, il ne va pas être obligé de revoir son jugement.

Crédit photo : http://media.rtl.fr/cache/ibcIQxHe4Vb8iSX3kVnYvQ/795v530-0/online/image/2016/1208/7786192032_jean-christophe-cambadelis-premier-secretaire-du-ps-le-8-decembre-2016.jpg

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