Home Culture « Sites éternels » : l’expo pour sensibiliser au patrimoine en danger

« Sites éternels » : l’expo pour sensibiliser au patrimoine en danger

« Sites éternels » : l’expo pour sensibiliser au patrimoine en danger
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Depuis le 14 décembre, le Grand Palais accueille l’exposition « Sites éternels » qui, grâce à des images de synthèses en 3D, reconstitue des sites archéologiques maintenant détruits. Cette exposition s’ouvre au moment où François Hollande rentre d’Abou Dhabi, où il a assisté à une conférence pour sauver le patrimoine menacé.

« François Hollande à la conférence internationale d’Abou Dhabi »

Le Président de la République s’est rendu le 3 décembre dernier aux Émirats Arabes unis à la conférence internationale d’Abou Dhabi, en compagnie d’Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO. Elle a réuni des acteurs privés et publics, issus d’une quarantaine de pays, qui sont parvenus à un accord pour lever un fonds de 100 millions de dollars afin de sauver le patrimoine en danger. Jack Lang a assuré que la France, pour sa part, contribuerait à hauteur de 30 millions de dollars.

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La Safeguarding Endangered Cultural Heritage (SECH) s’est donné un deuxième objectif. « La création d’un réseau international de refuges pour sauvegarder de manière temporaire les biens culturels mis en péril par les conflits armés ou le terrorisme, sur leur territoire, (…) dans un pays limitrophe, ou, en dernier ressort, dans un autre pays, en accord avec les lois internationales à la demande des gouvernements concernés ».

François Hollande a salué un « rendez-vous qui marquera l’Histoire (…) dans la lutte contre le fanatisme ». Cinq Prix Nobel, dont la Birmane Aung San Suu Kyi, avaient appelé les dirigeants à « prendre leurs responsabilités », tout en rappelant la liste des nombreux sites menacés ou déjà détruits. Irina Bokova, quant à elle, avait estimé que « la protection du patrimoine est inséparable de la protection des vies humaines ».

Le Président de la République en a également profité pour visiter le Musée du Louvre d’Abou Dhabi qui terminait tout juste ses travaux.

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« Une exposition pour stocker virtuellement ce qu’on laisse détruire matériellement ? »

L’exposition « Sites éternels » a été inaugurée le 14 décembre dernier par la ministre de la culture, Audrey Azoulay, François Hollande et Irina Bokova au Grand Palais. Cette exposition est gratuite et sera disponible jusqu’au 9 janvier 2017. L’entreprise de photographie RMN et la start-up française Iconem se sont occupées de la numérisation en 3D de quatre sites archéologiques : Khorsabad, Palmyre, la Grande Mosquée de Damas et le Krak des Chevaliers. Tous ces sites archéologiques ont la caractéristique d’être situés dans des zones de guerres, à savoir en Irak et en Syrie et font partie du patrimoine mondial de l’humanité. De plus, ils furent tous détruits partiellement ou entièrement par l’organisation État islamique.

capture-decran-2016-12-16-a-19-55-32À l’initiative du directeur du Louvre, M. Jean-Luc Martinez, cette exposition est gratuite.

« Nous avons voulu rendre accessibles ces sites qui ne le sont pas et montrer la beauté de ces œuvres »

L’organisation État islamique continue de détruire ces lieux millénaires. Les drones des entreprises Iconem et RMN survolent donc ces zones en danger pour effectuer des relevés photographiques: dans le cas où ils en viendraient à être détruits, une trace photographique serait préservée.

Jean-Luc Martinez souhaitait répondre à ce « terrorisme par l’image » — cf. vidéos des destructions des statues à Palmyre par Daesh — à son niveau, par la sensibilisation du grand public à l’importance de cet héritage.

Le chef de l’État a qualifié l’entreprise du directeur du Louvre « d’acte militant ». C’est une excellente initiative que nous ne pouvons que louer. Mais il ne faut pas se résigner à assister, impuissants, à la destructions des dernières traces de ces brillantes civilisations. Il faut tout faire sur le terrain pour repousser ces troupes fanatiques loin de la mémoire qu’ils veulent assassiner.

En effet, les destins de l’humanité et de son patrimoine sont inséparables. On ne peut se contenter de sauver des vies humaines en laissant derrière nous des terres de flamme. La richesse de ces civilisations est notre passé, celui de cette unité que nous appelons « humanité ». Nous nous devons de préserver cet héritage, il en va de notre devoir humain. Nous ne le devons pas seulement à nos ancêtres qui l’ont bâti mais aussi à nos enfants qui risqueraient de ne pas comprendre pourquoi, jadis, nous étions des bâtisseurs.

Arthur Weidenhaun Étudiant à Sciences Po Bordeaux, actuellement Erasmus à Vienne, je publie des articles qui tissent des liens entre politique et culture.

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