Comédies françaises : dites bonjour à l’humour de droite décomplexé

La bande-annonce du prochain film de Philippe de Chauveron (réalisateur de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?), intitulé A bras ouverts avec Christian Clavier en tête d’affiche, dans lequel ce dernier est « forcé » d’accueillir des Roms chez lui, fait déjà parler de lui. Le film ne sortira que début avril, mais on sent déjà le racisme décomplexé à des kilomètres. Rien de surprenant cependant, tant la comédie française s’est droitisée tranquillement sous le mandat Hollande, surfant sur la vague nationale-conservatrice qui rapporte gros au box-office.

Extrait de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu (2014)
Extrait de Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? (2014)

« Le racisme, quand il y en a un peu, ça va… »

On se dit souvent que le cinéma français est doucement de gauche, animé de bons sentiments. Pourtant, le succès récent de comédies clairement ancrées à droite viennent nuancer ce tableau et briser les clichés.

Avec 12,3 millions de spectateurs, le phénomène ciné au succès sur-proportionné de 2014 s’appelait Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?. L’histoire, vous la connaissez probablement, du couple Verneuil (C. Clavier et C. Lauby), bourgeois catholiques de province (héros fillonistes avant l’heure, sans doute), qui se retrouve à marier leurs quatre filles respectivement à, ô malheur, tenez-vous bien c’est choquant, un Chinois, un Juif, un Arabe et un Noir. A la lecture du pitch, ça commence comme une vilaine blague de bistrot, et ça tombe bien, c’est à peu près ce que c’est.

Car sous couvert de vouloir se moquer de l’intolérance et du racisme, et de défendre une vision cosmopolite de la société française, le film est totalement complaisant sur son couple de héros, racistes sympathiques qui seront les vainqueurs idéologiques à la fin, puisque David « Le Juif » Benichou – voyez comme le film est critique envers les clichés… – ira même jusqu’à avouer : « On est tous un peu racistes… ». Et il est vrai que tout le long du métrage, pas un seul personnage n’échappe à son petit moment Michel Leeb. Mais comme c’est une comédie, tout le monde finit par s’entendre autour d’un bon repas. C’est aussi ça la France, le racisme ordinaire qui se partage en famille. Tant que c’est juste « un peu » de racisme, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose problème.

Garanti sans cliché, vraiment...
Garanti sans cliché, vraiment…

Voilà à peu près le message de Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, dont le scénario aurait pu être secrètement écrit par Brice Hortefeux. Si le triomphe du film doit beaucoup à son casting mêlant sang neuf (Ary Abittan, Medi Sadoun) et vétérans du genre (Clavier et Lauby, évidement), il a su aussi capter les nouvelles tendances qui commençaient à se développer en France en réaction au quinquennat socialiste. La droite a arrêté les complexes, faire un film raciste sur le racisme devient possible, et on rigole franchement en salle devant une blague sur la circoncision ou le pénis des Asiatiques. Les Blancs, eux, ne seront jamais moqués par Philippe de Chauveron, bien entendu. Quand on est né dans le XVIème arrondissement de Paris, on ne marque pas contre son camp.

« Le Grand Partage » : La gauche ridicule et le bon sens de droite

A l’hiver 2015, le Père Noël a posé un merveilleux cadeau au pied du sapin de la droite décomplexée : Le Grand Partage, d’Alexandra Leclère, qui a eu certes un succès moindre, mais qui a passé la symbolique barre du million de spectateurs, ce qui n’est pas rien. Après le mariage mixte, voilà le tour de mettre en scène un autre cauchemar de la droite : héberger des pauvres. Leclère imagine une France qui, en proie à un hiver terriblement vigoureux, passe un décret qui oblige les appartements insuffisamment habités à héberger des personnes mal-logées. Vous faites peut-être partie de ceux qui pensent, comme moi, que ça s’appelle de la solidarité et que c’est du bon sens, mais pas Alexandra Leclère. Non, le bon sens de la réalisatrice est résolument de droite. Voyons plutôt.

Le film suit un immeuble assez bourgeois (ça, c’est une constante), où cohabitent une galerie de personnages censés représenter une partie du spectre politique français : un couple de bobos de gauche (car qui dit de gauche, dit bobos parisiens, forcément – François Fillon est au scénario, cette fois) campé par Valérie Bonneton et Michel Vuillermoz, un couple « Figaro approved » réac’ interprété par Didier Bourdon et Karine Viard, et enfin une concierge frontiste (Josiane Balasko), issue des classes populaires donc raciste, bien entendu. Merci, Alexandra, pour tout ce beau travail.

Le Grand Partage (2015)
Le Grand Partage (2015)

Le Grand Partage cherche, de l’aveu de cette dernière, à confronter tout ce beau monde à la « contrainte » de l’hébergement. Alors, en soit, pourquoi pas ? Il n’y a rien de mal à vouloir ironiser sur l’hypocrisie d’une certaine gauche socialiste petite-bourgeoise, enfermée dans sa bulle de confort (le Saturday Night Live l’a très bien fait après l’élection de Trump aux États-Unis). Le problème c’est que le film ne s’arrête pas là. Car c’est un festival de clichés racistes, homophobes et méprisants : le Moldave hébergé par le couple de « gauche » est un voleur, les « clochards » sentent la vinasse, le voisin homosexuel (P. Chesnais) est ambigu voire malsain, l’Africaine est une mama qui fait des tresses et ne parle pas français… C’est bien simple, ce film ressemble à une chronique d’Eric Zemmour. Et devant tout ça, le public doit être amené à penser qu’on a bien raison de ne vouloir héberger personne. Or, si l’immeuble se veut représentatif de la société française, alors c’est l’immigration en général qui est visée à travers la thématique de l’hébergement.

Le lecteur du Figaro, le cœur de cible du film ?
Le lecteur du Figaro, le cœur de cible du film ?

Pire encore, avec la fin, qui donne le ton : le couple bobo s’avère être ridiculisé dans ses convictions (après s’être comporté comme les pires enfoirés du monde, essayant d’échanger leur pauvre contre un autre sur Internet), le couple de droite a finalement le beau rôle et a ouvert son esprit en côtoyant les SDF, et comble de tout, la concierge frontiste est heureuse et bien moins raciste maintenant que les Noirs que l’immeuble héberge bossent pour elle (!!!). Comprendre : la gauche est hypocrite et ridicule, la droite a raison et peut très bien être ouverte d’esprit, tant que ça ne bouleverse en rien les rapports de classe et ethniques. Merci pour ce moment.

Le Grand Partage, c’est le cran au-dessus par rapport à Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?. Le film fera réagir jusqu’aux États-Unis, où le Hollywood Reporter parlera d’un « fourre-tout comique assez médiocre » aux « clichés fastidieux » qui « conforte le public dans les opinions qu’il est censé condamner ». Slate.fr écrira quant à lui que le film est un symbole de la « Hollandexploitation », un joli néologisme pour désigner un « cinéma des déçus de la gauche, un mélange de riches débrouillards qui deviennent pauvres, de punchlines de lecteurs du Figaro et probablement un peu de racisme ordinaire ». Ou comment le cinéma comique illustre et préfigure la droitisation de la société.

« A bras ouverts » : tapons sur les Roms, personne ne les défend

C’est dans ce contexte qu’interviendra donc le prochain film de Chauveron. Sachez que le film devait s’appeler à la base Sivouplééé. Sans commentaire. Dans ce film, C. Clavier, encore lui, joue un élu de gauche prônant l’accueil et qui, mis au défi en direct à la télévision de montrer l’exemple, se retrouve à héberger des Roms. La bande-annonce donne un avant-goût de la façon dont cette minorité sera traitée.

Tout est là. Les névroses de la droite : héberger des étrangers chez soi comme métaphore de l’immigration. Névroses d’autant plus exacerbées dans le contexte de la crise des migrants. Un homme de gauche pris au piège de son hypocrisie. Et, cerise sur le gâteau, du racisme ordinaire qui ne choque plus personne… surtout quand ce sont les Roms qui sont visés.

Le film n’étant pas sorti, on se gardera bien de faire d’autres critiques par anticipation, et on se contentera de citer Tony Gatlif, réalisateur gitan (Transylvania, Geronimo), interviewé sur BFM à propos de A bras ouverts : « C’est un film dégueulasse. On ne peut pas faire des choses comme ça avec des gens. On ne peut pas rire avec ça, ce n’est pas possible ». Rien à ajouter, si ce n’est que malheureusement, ce genre de comédies est appelé à se multiplier, dans un contexte où la droite décomplexée est de plus en plus populaire, culturellement et politiquement.

Crédits :

  • Images issues des captures d’écran des films mentionnés. 

Qu’est-ce que le Fillonisme ?

©Maire-Lan Nguyen

Le score impressionnant de celui qui prétend gouverner avec « le bon sens d’un paysan sarthois » en a surpris plus d’un, et notamment tous ceux qui, parmi les commentateurs et éditorialistes, voyaient déjà Alain Juppé à l’Elysée. Pourtant, la victoire de François Fillon lors des primaires de la droite nous apparaît tout à fait logique. Il est certes aisé de dire après coup que tout était écrit d’avance, mais la victoire de F. Fillon semble relever d’un véritable vote d’adhésion qui prend racine dans un contexte historique et n’est en aucun cas la résultante d’une soudaine « Fillon-mania ». Nous nous proposons ici de prendre M. Fillon et la puissante dynamique qu’il est parvenu à susciter au sérieux.


La revanche du bon sens

Cette large victoire de la figure austère de François Fillon s’explique en premier lieu en la replaçant dans un contexte récent. Nous sommes trois ans après La Manif Pour Tous. Laquelle est parvenue à jeter des centaines de milliers d’électeurs de droite dans les rues, et – fait nouveau – à les y maintenir  pendant de longs mois. La Manif Pour Tous, ce n’est pas une démonstration de force le temps d’une journée, comme le 30 mai 1968 lorsqu’un million de personnes avaient marché sur les Champs-Elysées en soutien à De Gaulle. Non. La Manif Pour Tous (LMPT) a duré, et a su poursuivre son combat à travers l’association Sens Commun, laquelle a réussi à ne pas limiter le vaste mouvement qui était né à un simple refus de la Loi Taubira, et est parvenue à devenir force de proposition.

Sens Commun, dont le nom fait référence au terme employé par le théoricien marxiste Antonio Gramsci pour désigner en quelque sorte le bon sens populaire, a su mettre en œuvre une véritable tactique d’entrisme à l’intérieur de l’UMP puis des Républicains. En se constituant en force autonome au sein de ce parti, Sens Commun a été en mesure de tirer le débat vers la droite en faisant s’affronter les candidats désireux d’obtenir son investiture pour la Primaire. Or il se trouve que c’est précisément François Fillon qui l’a obtenue. Le député de Paris a su capitaliser sur cette image d’homme droit et constant situé très à droite de sa famille politique et est ainsi parvenu à incarner cette dynamique née de l’opposition au Mariage Pour Tous. S’il est élu en mai, le candidat LR sera en d’autres termes en mesure de transformer l’essai marqué au sein de la société civile par LMPT.

Nous devons prendre au sérieux François Fillon et inscrire sa victoire dans un contexte historique plus large, dans le temps long. Si, suivant Gaël Brustier qui a consacré un livre à LMPT, on affirme que ce mouvement a constitué un « Mai 68 conservateur », prélude à la construction d’une nouvelle hégémonie conservatrice succédant à l’hégémonie sociale-démocrate née de Mai 68 et parachevée par l’arrivée de la Gauche au pouvoir en mai 1981 ; alors, on peut considérer que la dynamique qui semble annoncer déjà une victoire de F. Fillon aux présidentielles est du même ordre. Suivant cette analyse, celui qui doit notamment son succès à la petite-bourgeoisie catholique, serait donc en train d’accomplir plus ou moins consciemment la construction d’une nouvelle hégémonie conservatrice.

La synthèse filloniste

Cette hégémonie nouvelle, en pleine construction et qui continuera de se construire après Fillon, s’annonce sous un aspect contradictoire. Ainsi donc, F. Fillon est conservateur en matière sociale et sait se donner un genre révolutionnaire à travers la radicalité de ses propositions en matière économique, et plus spécifiquement s’agissant du travail et de la fiscalité. Ce qui explique en première instance sa réussite, c’est sa synthèse des valeurs traditionnelles portées jusqu’à présent essentiellement par l’extrême-droite et des impératifs économiques de la mondialisation. C’est la confirmation de la thèse gramscienne selon laquelle l’hégémonie, et en définitive les identités politiques elles-mêmes, ne sont pas des donnés, mais des construits sociaux. Le présent phénomène n’est pas le simple reflet d’intérêts de classe statiques mais la savante construction d’une synthèse entre les attentes de différentes couches sociales : pour le moment la petite-bourgeoisie, les classes moyennes pour partie (il devra adoucir son discours anti-fonctionnaires s’il veut élargir son assise parmi celles-ci), les artisans et indépendants… auxquelles il faudra peut-être rajouter les classes populaires, ouvriers et employés, absents parmi les votants à cette primaire, si François Fillon décide de réorienter son discours en leur direction.

F. Fillon opère une OPA sur les idées portées jusqu’ici principalement par l’extrême droite, parachevant ainsi leur banalisation – accélérée déjà grâce à la politique de “dédiabolisation” engagée par Marine Le Pen à partir de 2011 et les outrances de Nicolas Sarkozy et de la droite “décomplexée”. Ainsi, F. Fillon s’avérera peut-être capable de priver le Front National (FN) de sa singularité. Le Fillonisme veut prouver que l’on peut être radical dans ses positionnements, que l’on peut incarner le parti du bon sens, sans pour autant adopter une posture contestataire et outrancière. En somme, F. Fillon applique à la droite, la “rupture tranquille” qu’avait appliquée F. Mitterrand à la gauche. Porter Fillon au pouvoir, c’est aspirer à un retour aux valeurs conservatrices sans les risques que comporte une victoire de M. Le Pen pour beaucoup d’électeurs rassemblés au sein de ce halo de la droite dure qui gagne en importance chaque jour.

Vers un rééquilibrage des forces à Droite ?

Cette synthèse entre en concurrence avec l’instable synthèse lepéniste entre ses électorats du nord (classes populaires, chômeurs, demandeurs d’un programme social), et du sud (artisans, petits patrons, demandeurs d’un programme économique libéral, électorat volontiers poujadiste, moins d’Etat, moins d’impôts). Le FN réussit sa synthèse – en vérité très opportuniste – en jouant sur les deux tableaux : Marine Le Pen, qui cherche à faire du Nord de la France son bastion, porte le soi-disant volet « social » du programme du FN, là où Marion Maréchal-Le Pen, très populaire en région PACA, porte un programme économique dur, totalement incompatible avec celui porté par sa tante. Le Front National a capitalisé sur sa schizophrénie en matière économique et sociale (le fameux « Ni droite ni gauche ») et a réussi à transcender cette contradiction évidente, à atténuer la tension entre ces deux pôles antagonistes, en misant sur la question de l’immigration et en mettant sous le tapis les questions qui fâchent.

Ainsi donc, la synthèse lepéniste va affronter la synthèse filloniste et il est à l’heure actuelle difficile de présager de l’issue.

La synthèse filloniste, comprise comme récupération des revendications sociétales portées par l’extrême-droite et abandon de son programme économique imprécis et jugé aventureux par les électeurs au profit d’un libéralisme dur, et ce qu’elle signifie pour la droite tout entière entre en résonance avec un épisode historique crucial dans l’histoire de la Vème République. Je veux parler de l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981, et de la stratégie mitterrandienne vis-à-vis des communistes. Après la signature du programme commun en 1972, F. Mitterrand a su habilement tirer la couverture à lui et priver les communistes de leur singularité de force de transformation sociale, et ainsi capitaliser sur une image raisonnable et sereine en portant néanmoins les mêmes ambitions que ses alliés, jusqu’à finalement dépasser ceux-ci dans les urnes et amener la rupture – un peu tardive – du programme commun par le PCF en 1977. Par la suite, le Président Mitterrand a abandonné ses ambitions de transformation sociale et conservé seulement le volet sociétal du programme sur lequel il avait été élu. Ce faisant, il inscrivait la Gauche dans le champ politique de manière durable et consolidait l’hégémonie sociale-démocrate, tout en affaiblissant considérablement la seconde force politique de gauche.

Pour ce qui nous concerne, la puissante dynamique qui porte un Fillon à l’image lisse pourrait signifier la fin de la prédominance du Front National à Droite, fin précoce provoquée par la normalisation et l’inscription dans le champ institutionnel de ses idées et de ses valeurs par la nouvelle Droite filloniste. Fillon n’incarne pas la réaction, seulement l’ordre, et n’a aucunement pour ambition de bouleverser la société française, c’est la raison pour laquelle il est capable d’inscrire la dynamique qui le soutient dans le temps long. 

Une autre possibilité existe cependant. La possibilité qu’une victoire de Fillon ne soit pas un baiser de la mort au Front National et la stabilisation d’une hégémonie conservatrice, mais au contraire une étape supplémentaire dans le processus de radicalisation et de droitisation du pays.

Premièrement, F. Fillon, même s’il modifie son discours, ne répondra pas aux aspirations des classes populaires ; deuxièmement, la politique libérale dure qu’il prévoit d’appliquer exacerbera les tensions sociales et l’on peut d’ores et déjà miser sur une chute vertigineuse de sa côte de popularité dès les premiers mois de son quinquennat ; troisièmement, son attachement à la souveraineté n’est qu’un effet de discours et il n’est nullement disposé à remettre en cause le cadre européen. Il convient de ne pas sous-estimer les contradictions abyssales de la synthèse filloniste. Le passage de F. Fillon à l’Elysée peut simplement signifier l’évacuation, l’effondrement de cette force politique, et avoir pour conséquence le renforcement d’un Front National plus avancé encore dans son entreprise de dédiabolisation, dénonçant les effets de discours et mettant sur la table la question de la souveraineté.

En conclusion, nous dirons que la synthèse filloniste est l’annonce de l’avènement de l’hégémonie conservatrice. Mais il est encore trop tôt pour dire si le fillonisme ne sera qu’un symptôme supplémentaire et passager de cette hégémonie qui vient, annonçant seulement une poursuite de la droitisation ; ou bien au contraire s’il saura s’inscrire dans le temps long et inaugurer un nouveau cycle historique… en vérité très ancien.

Sources :

https://www.monde-diplomatique.fr/2015/12/GOMBIN/54357

http://www.latribune.fr/economie/france/francois-fillon-un-conservateur-du-19e-siecle-620428.html

http://www.lemonde.fr/personnalite/francois-fillon/programme/

Photo : ©Marie-Lan Nguyen https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Francois_Fillon_IMG_3361.jpg