Assassinat de Sankara : pourquoi la France refuse-t-elle une enquête ?

Le 15 octobre 1987, le monde apprenait le décès de Thomas Sankara, président du Burkina Faso. Son assassinat mettait fin à une expérience révolutionnaire sans précédent en Afrique. Durant quatre ans, Thomas Sankara avait défié la mainmise des ex-puissances coloniales sur son pays et impulsé des réformes destinées à le sortir du sous-développement ; sur la scène internationale, il s’était fait l’avocat des peuples du Sud en lutte contre l’impérialisme. L’assassinat du “Che africain” s’est déroulé dans les circonstances les plus obscures. Encore aujourd’hui le gouvernement français, soupçonné d’être l’un de ses commanditaires, refuse la nomination d’une commission d’enquête sur ce sujet.

Le joug de la Françafrique

En 1983, la France ne possède officiellement plus de colonies ; mais pour bien des pays africains, l’indépendance reste une chimère. Des liens très forts subsistent entre le gouvernement français et ses ex-colonies. Les réseaux franco-africains, gérés par le gaulliste Jacques Foccart, favorisent les chefs d’Etat les plus à même de garantir les intérêts géopolitiques et économiques du gouvernement français. Le Franc CFA, issu de l’époque coloniale, maintient les pays qui l’utilisent dans une véritable servitude monétaire, puisque 50% de leurs réserves de change doivent demeurer dans la Banque de France. Les rares gouvernements qui

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