L’Empire allemand vacille mais ne tombe pas

Angela Merkel avant sa rencotnre avec Emmanuel Macron à Aix-la-Chapelle. ©Harald Lenuld-Picq

Si l’enjeu n’était pas l’avenir du continent européen, on pourrait rester indifférent face à la litanie mièvre des éditorialistes qui se sont félicités du « retour du couple franco-allemand » à l’occasion de la distribution des top jobs européens. Pourtant, les rapports ont rarement été aussi tendus entre les deux pays voisins qui s’écharpent sur tout et ne se font de cadeaux sur rien. Un signe de plus que loin d’être uniquement un espace de coopération pacifique, l’Union européenne est aussi un champ où se déploie la domination et la violence entre les États.

Emmanuel Macron serait-il plus lucide que François Hollande ? Il semblerait que ce soit le cas. Fort de sa culture du compromis et du consensus, son prédécesseur croyait fermement à l’idée qu’en faisant des concessions budgétaires et politiques à l’Allemagne, la France et les pays du Sud de l’Europe obtiendraient des avancées progressives en matière de solidarité budgétaire de la zone euro. En d’autres termes, l’apparatchik du PS pensait pouvoir faire payer l’opulent voisin à condition d’infliger la dose d’austérité budgétaire exigée pour être considéré comme un État « vertueux ». C’était mal connaître les voisins d’outre-Rhin, dont la logique n’est pas du tout celle du compromis, mais celle de la

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter