Karl Marx chez Balzac : l’envers de l’histoire contemporaine

« Je suis un triste prophète », se plaint Balzac dans une lettre à Madame Hanska. Pourquoi cette tristesse devant l’avenir si ce n’est parce que le futur pressenti en 1848 par l’écrivain ne correspond pas forcément aux préférences sociales et politiques de l’individu Balzac ? Balzac n’adhère pas à la marche d’une société qui, au milieu du XIXème, conteste les changements dus à la transformation économique et la mise en place douloureuse du capitalisme. Ses liens avec Mme Hanska, qu’il va enfin épouser, renforcent son parti pris pour le trône et l’église.

Européen d’avant-garde, il sillonne les routes pour retrouver sa bien-aimée en Ukraine et traverse l’Allemagne en râlant contre les révolutionnaires dont l’action contrarie ses projets financiers de rente et de profit ! Pourtant, dans son dernier roman, il offre une niche à ces gens qui font éclater la vieille société et communique ainsi, à son lecteur, la misère de la banlieue et témoigne de l’implantation du mouvement communiste chez le prolétariat. L’entrée dans sa formidable machine à écrire d’une figure imaginaire de l’intelligentsia communiste ne lui apporte-t-elle pas une certaine légitimité ?

Jamais les tensions entre les deux tenants de son écriture, la volonté de dire

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