Entretien avec Arthur Rizer : « C’est dans la mentalité des policiers américains que se trouve le véritable danger »

Screenshot from The Square One Project
https://www.youtube.com/watch?time_continue=7&v=8UaWaERR6yM&feature=emb_logo

Arthur Rizer est membre du think tank R Street Institute et a travaillé au Columbia Justice Lab de l’Université de Columbia (New York). Ses contributions sont singulières dans le paysage universitaire des travaux sur la police, en ce qu’il s’intéresse aux mentalités autant qu’aux pratiques des agents sur le terrain. Une de ses thèses principales est celle de la redéfinition de l’habitus des forces de l’ordre par le biais de leur militarisation aux États-Unis. Conservateur revendiqué, il n’en demeure pas moins très critique à l’égard de l’arbitrage entre sécurité et liberté et rappelle combien l’on ne saurait sacrifier la seconde à la première. Entretien réalisé, à distance, par Marion Beauvalet et traduit par Rémy Choury.

Le Vent Se Lève – Pouvez-vous au préalable présenter le think tank dont vous faites partie : est-il affilié aux démocrates ou aux républicains ? Plus largement, auprès de qui bénéficie-t-il d’une audience aujourd’hui ? Comment en êtes-vous venu à vous intéresser aux questions de militarisation et de police ?

Arthur Rizer – Nous ne nous alignons absolument pas sur un parti ou un autre. Néanmoins, nous nous situons au centre-droit de l’échiquier, à l’échelle duquel nous portons les idées de la droite conservatrice. Cette dernière recouvre plusieurs

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« Les violences policières n’ont été que le détonateur des soulèvements aux États-Unis » – Entretien avec Alex Vitale

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Manifestation contre les violences policières et le racisme devant la Maison Blanche le 3 juin à Washington D.C. © Ted Eytan

Pendant des années, les seules réponses à la brutalité de la police aux États-Unis ont été les caméras-piétons et des formations sur les préjugés pour combattre le racisme. L’embrasement généralisé du pays après le meurtre de George Floyd par un policier de Minneapolis prouve que ces dispositifs sont loin d’être suffisants. Alex Vitale, professeur de sociologie, coordinateur d’un projet articulant police et justice sociale au Brooklyn College et auteur de « The End of Policing » (La Fin du maintien de l’ordre) estime que la seule manière d’avoir une meilleure police est d’en avoir moins. Il prône le « définancement » de la police. Interview par notre partenaire Jacobin, traduite par Romeo Ortega Ramos et éditée par William Bouchardon.

Meagan Day (Jacobin) – On constate le retour des manifestations contre la brutalité policière en ce moment, alors que la pandémie COVID-19 bat son plein (les États-Unis ont enregistré plus de 100.000 décès liés au coronavirus, ndlr) et qu’une grande partie du pays est toujours théoriquement en confinement. C’est très surprenant. Je ne m’attendais même pas à voir des gens manifester massivement contre la gestion inadéquate du coronavirus et encore moins protester contre les violences policières liées au racisme. Comment interpréter tout cela?

Alex

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Cinéma : “PANTHER”, les vies des noirs comptent

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NYC action in solidarity with Ferguson. Mo, encouraging a boycott of Black Friday Consumerism. ©The All-Nite Images

En 2016, 123 noirs américains ont été abattus par la police. Parmi eux beaucoup n’opposaient aucun signe de résistance. Souvent les poursuites contre les coupables sont abandonnées. Ce phénomène a montré la persistance d’un racisme structurel aux Etats-Unis, en particulier au sein des forces de police, et une des fortes désillusions de l’ère Obama. Il a entraîné la formation du mouvement Black Lives Matter (les vies des noirs comptent) qui s’est propagé dans tout le pays. Mais ce mouvement ne naît pas de nulle part, il appartient à une histoire longue de la contestation des noirs américains contre les violences racistes de la police.

C’est l’occasion de revenir sur cette histoire via le cinéma et le film Panther de Mario Van Peebles sorti en 1995, qui posait déjà les questions auxquelles les mouvements de ce type sont confrontés. Celui-ci est disponible en ligne et en version originale sous titrée.

Mario Van Peebles n’est autre que le fils de Melvin Van Peebles, le réalisateur de Sweet Sweetback’s Baadasssss Song, film culte de la Blaxploitation – le cinéma afro-américain contestataire et hors studio des années 70 – dans lequel il fait d’ailleurs une brève apparition dans

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