Royaume-Uni : Corbyn joue quitte ou double le 8 Juin

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Dans un mouvement inattendu mais qui a au final peu surpris, la Première Ministre britannique Theresa May a décidé de convoquer une General Election le 8 Juin prochain. Ce geste a pour but de conforter la majorité législative réduite que les conservateurs avaient obtenu contre toute attente en 2015. Arguant que ces élections législatives permettront de conforter son mandat de négociation avec l’Union Européenne dans le cadre du Brexit déclenché par l’article 50 du traité de Lisbonne il y a moins d’un mois, Theresa May espère surtout utiliser sa popularité élevée pour tailler des croupières aux diverses forces d’opposition qui traversent des périodes de flou stratégique. Le leader de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn a soutenu le projet d’élections anticipées, mais il en connait le risque : si son parti subit une nouvelle défaite, en conserver le leadership face aux blairistes sera pratiquement impossible.

Les partis d’opposition en déshérence

Un petit retour sur les dernières années s’impose. Après 5  ans de gouvernement de coalition avec les libéraux marqués par une austérité drastique qui n’avait permis de réduire le déficit que de moitié, le Royaume-Uni se retrouvait perclus de divisions. Les émeutes urbaines de 2011

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L’Ecosse, l’Europe et l’indépendance, ou comment jouer à cache-cache avec l’Histoire

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Le 13 mars 2017, le gouvernement écossais a annoncé son intention de tenir un nouveau référendum sur l’indépendance du pays en 2018 ou 2019. Cette décision fait suite au choix de l’Ecosse, qui, en juin dernier, s’est prononcée à 62% en faveur du maintien dans l’Union Européenne. Deux ans après l’échec d’un premier référendum pour l’indépendance en septembre 2014, l’enchaînement des événements est sans surprise. Toutefois, une grande question demeure : le motif européiste de ce second référendum peut-il s’accommoder de l’histoire récente du mouvement indépendantiste, lequel fut, en 2013-2014, l’un des principaux éclaireurs populistes de la gauche occidentale ? 

  À la gauche du septentrion

Septembre 2014. C’était la virginité politique de Tsipras, l’enfance de Podemos, l’enlisement du Front de Gauche, et l’humble obscurité de Jeremy Corbyn. Les pauvres semblaient encore bercer les beaux esprits européens par leur silence et la sacro-sainte vérité médiatique suivait les cours de la bourse, en toute quiétude. Pourtant, aux marges méconnues du septentrion, un mince chardon courrouçait déjà la plante du pied oligarchique.

Lorsqu’une semaine avant le référendum sur l’indépendance écossaise, prévu pour le 18 septembre, plusieurs sondages annoncèrent une possible victoire du « Yes » – que d’aucuns, dans les salons huppés d’Edimbourg

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“Les ouvriers sont les grands oubliés du gauchisme culturel qui domine l’univers médiatique” – Entretien avec Jack Dion

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Jack Dion, directeur-adjoint de Marianne

Jack Dion est directeur adjoint de l’hebdomadaire Marianne et l’auteur de l’essai, Le mépris du peuple : Comment l’oligarchie a pris la société en otage, paru en 2015 aux éditions Les Liens qui Libèrent. Dans cet ouvrage, il pointait la manière dont les catégories populaires ont été rendues invisibles et suspectes par une caste qui dispose de tous les leviers de pouvoir.

LVSL – Est-on revenu à l’image très XIXème siècle des « classes dangereuses » ?

Jack Dion – Il y a un peu de ça, mais le contexte est très différent. Marx disait : un spectre hante l’Europe, le communisme. Aujourd’hui, on pourrait dire : un spectre hante le monde, le populisme.  On emploie ce mot valise pour tout et n’importe quoi. On l’évoque aussi  bien pour le Brexit que pour la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis, pour la défaite de Renzi en Italie que pour la percée de Poutine sur la scène internationale. En France, on l’utilise pour jeter dans le même sac d’opprobre ceux qui se trompent de colère en votant FN et ceux qui sont sensibles à la musique alternative d’un Jean-Luc Mélenchon, par exemple. Ce concept fourre tout est devenu le mot favori de ceux qui

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