Aaron Bastani : « Nous sommes en train de vivre les dernières décennies du capitalisme »

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©Jwslubbock

Aaron Bastani est un des fondateurs de Novara Media, turbulent média qui agite la politique britannique à l’ombre du Labour. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage à succès, Fully Automated Luxury Communism, qui a provoqué un débat important sur les nouvelles technologies et la possibilité d’une société post-travail. Nous l’avons rencontré à Brighton, pendant la conférence annuelle du Labour. Traduction par Guillaume Ptak et Nicolas Clément.

LVSL – Vous avez récemment publié un livre intitulé Fully Automated Luxury Communism[1] [ndlr, « communisme de luxe automatisé »]. Cette formule a un caractère provocant, qu’est-ce que vous entendez par-là ? Est-ce que qu’il s’agit d’une vision épique, ou utopique, du futur de l’humanité ? Ou est-ce qu’il s’agit d’un projet à l’ordre du jour pour notre génération ?

Aaron Bastani – Le livre est composé de trois parties. Le premier tiers porte sur la crise dans laquelle nous nous trouvons, qui est une crise de notre modèle économique qui commence en 2009 et qui ne semble pas prête de s’arrêter. Il y en a d’autres, que je présente dans le livre comme des défis existentiels pour le capitalisme : le changement climatique, le vieillissement démographique, l’impact de l’automatisation sur le marché du travail,

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Royaume-Uni : l’élection du siècle

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Jeremy Corbyn et Boris Johnson. © Garry Night et BackBoris2012 via Flickr.

Annoncé au dernier moment, le scrutin du 12 décembre au Royaume-Uni doit permettre de sortir du marasme du Brexit et d’impulser un nouveau cap politique au pays après une décennie d’austérité et deux ans d’inertie parlementaire. Extrêmement imprévisible en raison du mode de scrutin, il opposera les deux grands partis traditionnels aux Libéraux-Démocrates et au Brexit Party, favorisés par le nouveau clivage issu du référendum de 2016. En parallèle, la question de l’indépendance écossaise revient sur la table et pourrait bien booster le Scottish National Party, compliquant encore la formation d’une majorité à Westminster. Seule solution aux blocages actuels, l’élection britannique à venir promet d’être historique. Décryptage.

L’ultime coup de bluff de Boris Johnson

“Les sceptiques, les résignés, les mélancoliques auront tort. Ceux qui ne croient plus en la Grande-Bretagne y perdront leur chemise.” A son arrivée à Downing Street, Boris Johnson promettait d’en finir avec les couacs de l’impopulaire administration May et d’offrir un nouvel élan au pays, en réalisant enfin le Brexit voté 3 ans plus tôt. “Avec ou sans accord, nous sortirons le 31 Octobre. Pas de si, pas de mais” assurait-il. Malgré quelques manœuvres marquantes pour réaffirmer ce cap comme la suspension du Parlement

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L’Ecosse, l’Europe et l’indépendance, ou comment jouer à cache-cache avec l’Histoire

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Pas de crédits, creative commons.

Le 13 mars 2017, le gouvernement écossais a annoncé son intention de tenir un nouveau référendum sur l’indépendance du pays en 2018 ou 2019. Cette décision fait suite au choix de l’Ecosse, qui, en juin dernier, s’est prononcée à 62% en faveur du maintien dans l’Union Européenne. Deux ans après l’échec d’un premier référendum pour l’indépendance en septembre 2014, l’enchaînement des événements est sans surprise. Toutefois, une grande question demeure : le motif européiste de ce second référendum peut-il s’accommoder de l’histoire récente du mouvement indépendantiste, lequel fut, en 2013-2014, l’un des principaux éclaireurs populistes de la gauche occidentale ? 

  À la gauche du septentrion

Septembre 2014. C’était la virginité politique de Tsipras, l’enfance de Podemos, l’enlisement du Front de Gauche, et l’humble obscurité de Jeremy Corbyn. Les pauvres semblaient encore bercer les beaux esprits européens par leur silence et la sacro-sainte vérité médiatique suivait les cours de la bourse, en toute quiétude. Pourtant, aux marges méconnues du septentrion, un mince chardon courrouçait déjà la plante du pied oligarchique.

Lorsqu’une semaine avant le référendum sur l’indépendance écossaise, prévu pour le 18 septembre, plusieurs sondages annoncèrent une possible victoire du « Yes » – que d’aucuns, dans les salons huppés d’Edimbourg

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