Le trumpisme survivra-t-il à Trump ?

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Commons © Tyler Merbler

L’assaut du Capitole par les militants pro-Trump a précipité la chute de milliardaire et remis en question son avenir politique. Pour autant, les forces et dynamiques qui ont permis son élection en 2016 et sa progression électorale en 2020 ne vont pas disparaître avec lui, comme le montre un examen précis des évènements récents. À moins d’une présidence Biden radicalement transformative, un retour du trumpisme semble inéluctable.

Selon une vieille plaisanterie socialiste, les États-Unis ne peuvent pas subir de coup d’État, puisqu’il n’y a pas d’ambassade américaine à Washington. Mais si l’attaque du Capitole ne constitue pas une tentative de putsch, de quoi s’agit-il ?  La majorité des miliciens qui ont envahi le Capitole ne semblaient pas poursuivre de but précis. Une fois passé les portes, certains cherchaient sur Google la localisation des bureaux des principaux élus. D’autres ont eu la politesse de respecter les parcours fléchés et de déambuler entre les cordons visiteurs. Une vidéo de Yahoo news capture parfaitement ce paradoxe. Le journaliste interpelle une militante en pleurs, alors qu’elle s’éloigne du Congrès. « Madame qu’est-ce qui vous est arrivé ? » « J’ai été gazée ! » « Vous essayez de rentrer dans le Capitole ». « Oui !  J’ai fait un mètre, on m’a poussé

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Trump, un « canard boiteux » au pied du mur

Donald Trump jouant au golf
Donald Trump au golf – © Capture écran USA Today

Que peut encore faire Donald Trump durant le « lame duck », période de transition entre le président sortant et le président-élu ? Si son pouvoir de nuisance demeure important, Trump a une marge de manœuvre particulièrement réduite. Les freins et contrepoids propres au système politique américain y veillent.

Comme le rappelle la professeure Elaine Kamarck de la Brookings Institution dans une tribune publiée le 29 octobre dans le Los Angeles Times, « Trump n’est pas le Roi George III. Les Pères Fondateurs s’en sont assurés ». La Constitution des États-Unis, en vigueur depuis 1789, repose ainsi sur un système de freins et contre-pouvoirs visant à limiter l’arbitraire individuel.

Dès lors, quels sont les leviers qui restent dans les mains du président Trump ? Il peut encore gracier, en vertu de l’Article II, Section 2, Clause 1 de la Constitution, ce qu’il ne manquera sûrement pas de faire, a minima pour les personnes impliquées et condamnées dans le cadre des enquêtes liées aux interférences russes dans l’élection présidentielle de 2016. Si les constitutionnalistes s’interrogent toujours sur la possibilité par le président de se gracier lui-même, il devra néanmoins répondre des affaires judiciaires dépendant du droit des États fédérés. Seuls les crimes fédéraux lui seront

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QAnon, la mouvance post trumpiste qui fait trembler l’Amérique

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© LVSL

La théorie pro-Trump issue des forums internet fréquentés par l’extrême droite américaine a rapidement évolué en mouvance « attrape-tout », au point d’émerger comme une véritable force politique. Courtisée par le président américain et des membres du congrès, elle dispose désormais de ses propres élus et militants. Ce succès foudroyant risque de radicaliser davantage un Parti républicain déjà acquis au trumpisme, quel que soit le résultat de la présidentielle.

Le 4 décembre 2016, Edgar Maddison Welch quitte sa résidence de Caroline du Nord armé d’un fusil d’assaut et d’un pistolet semi-automatique. Le jeune homme de vingt-huit ans parcourt six cents kilomètres pour se rendre au Comet Ping Pong, une pizzeria de Washington DC qu’il prend d’assaut en plein milieu de l’après-midi. Il s’ensuit une brève prise d’otage au cours de laquelle l’intrus tire plusieurs coups de feu pour terroriser le personnel, avant de se rendre à la police sans opposer de résistance. Il explique avoir fait le déplacement pour « enquêter » sur le restaurant et libérer les enfants qui seraient séquestrés dans sa cave. L’agresseur est convaincu de la véracité du Pizzagate, une théorie complotiste selon laquelle Hillary Clinton et son directeur de campagne John Podesta seraient à la tête d’un vaste réseau pédophile.

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Comment Donald Trump cherche à manipuler la présidentielle américaine

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Donald Trump en meeting – Capture d’écran

Heurté coup sur coup par la pandémie du Covid-19 puis par les révoltes urbaines suite à l’assassinat de George Floyd, le président américain Donald Trump multiplie depuis le début de la crise sanitaire les efforts pour empêcher les potentiels électeurs démocrates de voter à la présidentielle le 3 novembre prochain. Ce dernier agite des soupçons de fraudes et refuse de dire s’il reconnaîtra le résultat en cas de défaite. Il est aidé dans ses efforts par le Parti républicain (GOP) et l’appareil conservateur. Les Démocrates, obnubilés par leur crainte d’ingérence du président russe Vladimir Poutine, réagissent tardivement. La légitimité de l’élection se trouve ainsi de plus en plus remise en question au sein d’une société américaine polarisée et morcelée. Par Jules Brion et Politicoboy.

20 heures, 7 novembre 2000, au soir de l’élection présidentielle américaine. En se fondant sur les sondages de sortie des urnes, les chaînes de télévision du pays annoncent la victoire du candidat démocrate Al Gore en Floride, faisant de lui le prochain président des États-Unis. Mais à mesure que le dépouillement avance, Georges W. Bush refait son retard. À 22 heures, les médias rétractent leur jugement. À 4h30 du matin, le Républicain remporte la Floride par

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La démocratie américaine en péril

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© Gage Skidmore

La victoire du parti démocrate aux midterms et les tourments judiciaires de la Maison-Blanche pourraient être interprétés comme autant de signes de la vitalité de la démocratie américaine. Ce serait une erreur. Au-delà des attaques répétées de Donald Trump, c’est toute la droite conservatrice qui embrasse une stratégie antidémocratique. Par Politicoboy.

Le parti démocrate a remporté une large victoire électorale aux élections de mi-mandat. Propulsé par une participation en hausse de 30 %, il prend le contrôle de la Chambre des représentants du Congrès, principal enjeu du scrutin, tandis que de nombreux référendums locaux confirment la progression idéologique de la gauche radicale américaine. Hausse de 30 % du salaire minimum, légalisation du cannabis et extension de la couverture santé Medicaid font partie des avancées obtenues dans une dizaine d’États pourtant acquis aux conservateurs (1). En particulier, la Floride vient de restaurer le droit de vote à 1,4 million d’anciens détenus (2).

Autant de signaux encourageants, qui viennent s’ajouter aux ennuis judiciaires de Donald Trump. Pourtant, cette éclaircie ne doit pas faire oublier l’orage qui gronde à l’horizon.

Midterms 2018 : une démocratie à l’agonie

Les signaux faibles en disent souvent plus long que les données électorales brutes. Pour

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