Le « made in France » et ses obstacles

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Le made in France est à la mode. Aux côtés du protectionnisme économique et des relocalisations industrielles, il signe son grand retour médiatique en pleine crise économique et sanitaire. Il est invoqué comme un mantra aux allures de prophétie autoréalisatrice. Suffirait-il de ressasser cette formule magique pour voir l’industrie française renaître de ses cendres ? En réalité, une poignée d’entreprises et de militants porte à bout de bras le made in France. Sur le plan culturel, leur bilan est considérable et le made in France a bel et bien gagné les coeurs ; sur le plan économique, il est négligeable. En cause, – outre un pouvoir d’achat trop faible – une information insuffisamment transparente pour le consommateur. Les institutions de l’Union européenne font office de verrou ; plusieurs dispositifs européens entravent en effet l’affichage de l’origine des produits. Il convient donc de considérer les réformes nécessaires et les obstacles réglementaires à faire sauter.

Jean 1083 et slip français portés avec élégance. Boîte à histoire Lunii et blanc bonnet sur les oreilles. La carte française pour tous à Noël… Les produits fabriqués en France sont en retour de hype, au point que la matinale de France Inter les chronique. Derrière les filtres Instagram, les

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Où est passé notre ministre de l’Industrie ?

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Usine abandonnée. © Dimitris Vetsikas

Pénurie de masques, manque de gels hydroalcooliques, production insuffisante de respirateurs… la crise sanitaire que nous traversons est aussi une crise industrielle. Elle nous rappelle à quel point notre industrie a été abandonnée et avec elle notre capacité à produire des biens. Elle nous montre aussi l’importance absolue de renouer avec une politique industrielle à court terme pour répondre à la crise sanitaire et à long terme pour mener la transition écologique.

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017, marque une nouveauté dans la composition du gouvernement : pour la première fois depuis au moins la Troisième République nous n’avons aucun ministre ou secrétaire d’État chargé de l’Industrie. Cette absence en dit long sur la vision du macronisme pour le monde industriel. Ce mépris de la start-up nation pour l’usine a conduit à tourner le dos à notre industrie, abandonnée au profit du tertiaires des métropoles, de ses jeunes cadres dynamiques et ses classes dites « créatives ».

Il est vrai que cet abandon a pu satisfaire une petite frange d’écologistes à tendance néo-luddite, mais aussi quelques autres écolos imprégnés d’un imaginaire hostile à une industrie grossièrement amalgamée à ses cheminées crachantes et étouffantes. Couvrez ces hauts-fourneaux que je ne saurais voir

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