Un programme Apollo pour sauver Airbus

Malgré un plan d’aide publique record, le géant Airbus annonce en ce début juillet la suppression d’environ 15 000 postes, dont 5 000 en France. L’effet en cascade sur les sous-traitants risque d’affaiblir encore plus sévèrement notre outil industriel. C’est donc un échec, en termes de sauvegarde de l’emploi et de compétences, qui montre qu’aligner des milliards ne suffit pas. Sans vision stratégique imposée par l’État, la main invisible du marché continue sa basse besogne. En parallèle, l’urgence climatique impose une sortie rapide de l’avion thermique. Dès lors, seul un grand programme national et européen, ambitieux comme le fut le programme Apollo, peut permettre de répondre à ce triple objectif de sauvegarde de l’emploi, de renforcement de nos capacités industrielles, et de développement accéléré de l’avion zéro carbone. Cette crise peut même être une opportunité, en ce sens que la concurrence américaine et chinoise devra tôt ou tard sortir à son tour des énergies fossiles. Comment, dès lors, restructurer la filière aéronautique franco-européenne ? Par Pierre Gilbert et Nicolas Vrignaud.

Les turbulences de la crise économique due au Covid-19 atteignent désormais de plein fer la filière aéronautique. Le trafic aérien stoppé et les avions cloués au sol (jusqu’à 90% du trafic mondial à

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Où est passé notre ministre de l’Industrie ?

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Usine abandonnée. © Dimitris Vetsikas

Pénurie de masques, manque de gels hydroalcooliques, production insuffisante de respirateurs… la crise sanitaire que nous traversons est aussi une crise industrielle. Elle nous rappelle à quel point notre industrie a été abandonnée et avec elle notre capacité à produire des biens. Elle nous montre aussi l’importance absolue de renouer avec une politique industrielle à court terme pour répondre à la crise sanitaire et à long terme pour mener la transition écologique.

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017, marque une nouveauté dans la composition du gouvernement : pour la première fois depuis au moins la Troisième République nous n’avons aucun ministre ou secrétaire d’État chargé de l’Industrie. Cette absence en dit long sur la vision du macronisme pour le monde industriel. Ce mépris de la start-up nation pour l’usine a conduit à tourner le dos à notre industrie, abandonnée au profit du tertiaires des métropoles, de ses jeunes cadres dynamiques et ses classes dites « créatives ».

Il est vrai que cet abandon a pu satisfaire une petite frange d’écologistes à tendance néo-luddite, mais aussi quelques autres écolos imprégnés d’un imaginaire hostile à une industrie grossièrement amalgamée à ses cheminées crachantes et étouffantes. Couvrez ces hauts-fourneaux que je ne saurais voir

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