Relocaliser l’agriculture est une priorité

Le 28 novembre dernier, l’INRA organisait un grand colloque consacré à la reterritorialisation de l’alimentation, une question lancinante à l’heure où les intermédiaires se multiplient entre la production, la transformation et la commercialisation. Selon le rapport d’information sur les circuits courts et la relocalisation des filières agricoles et industrielles[1], un produit parcourt en moyenne 3000 km avant d’arriver dans notre assiette, soit 25 % de plus qu’en 1980. Les petites exploitations qui tentent de s’imposer sur le marché local peinent à faire face à la concurrence des produits importés à bas coût, et le métier d’agriculteur est de plus en plus compliqué. Actuellement, un agriculteur se suicide tous les deux jours selon les données de l’Observatoire national de santé. Le coût environnemental et social de ce modèle impose une transformation des pratiques, par un regain par les territoires de leur capacité de production locale organisée autour de filières intégrant enjeux sociaux et environnementaux. Mais face à la mondialisation des échanges et à l’urbanisation croissante, comment encourager le développement de circuits courts de proximité ?

Circuits courts de proximité : quels avantages pour renforcer la durabilité des territoires ?

Selon la définition adoptée par le ministère de l’Agriculture en 2009, un circuit

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Ce qu’une agriculture sans pesticides veut dire

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Robert_Vonnoh_-_Coquelicots.jpg
Coquelicots du peintre Robert Vonnoh, photographe ©Exhibition Catalogue Americans in Paris, Metropolitan Museum

De la démission de Nicolas Hulot aux marches pour le climat organisées dans de nombreuses villes de France, les voix portant l’urgence d’une transition écologique de grande ampleur semblent ces jours-ci plus nombreuses et plus audibles. Dernières en date, celles des signataires de la pétition “Nous Voulons des Coquelicots”. Rallié par des personnalités de tous horizons et présenté dans plusieurs médias par le journaliste Fabrice Nicolino, l’Appel des Coquelicots se donne un objectif simple et ambitieux : débarrasser les sols et les assiettes françaises des pesticides de synthèse. Un combat qui a vocation à s’inscrire dans le temps, puisqu’un changement de modèle agricole ne saurait se faire en quelques jours, mais pour lequel on peut déjà identifier de sérieux défis à relever.

Depuis dix ans l’échec des petits pas

Interdire tous les pesticides : pourquoi un tel impératif catégorique ? Sans doute l’urgence de la situation le commande. Mais plus encore, c’est à notre impuissance collective et plus précisément à l’échec des politiques publiques environnementales que s’adresse l’appel. Comment en effet ne pas faire le constat d’un problème récurent de méthode dans la manière qu’ont les gouvernements d’envisager la question environnementale ?

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Vague de froid, changement climatique et impuissance publique

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Alors que les photos de Paris sous la neige envahissent les réseaux sociaux et que les polémiques s’accumulent autour des « naufragés de la route », la question de la capacité de l’État à gérer les épisodes climatiques extrêmes se pose concrètement. S’il ne faut pas confondre météo et climat, le changement climatique est bien responsable de l’intensification des vagues de froid que nous traversons en ce moment.

 

Précis de climatologie facile : le Jet-stream devient fou

Le changement climatique est déjà à l’origine de violentes perturbations météorologiques et leur fréquence risque fortement de s’intensifier. Dès lors, connaître les ressorts climatiques qui les sous-tendent peut se révéler particulièrement utile pour comprendre que l’adaptation n’est pas une option parmi d’autres. Mais alors, comment expliquer de telles vagues de froid ?

La température n’augmente pas de manière uniforme sur Terre avec le réchauffement climatique. Les pôles, par exemple, se réchauffent deux fois plus vite que le reste de la planète. En effet, la neige blanche possède un indice « albédo » fort, de 0,9 sur 1, c’est-à-dire qu’elle réfléchit 90% de l’énergie qu’elle reçoit du soleil. Avec la fonte des glaces, elle est de plus en plus remplacée par de

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Ecologie : Macron veut ouvrir des mines !

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Montage par ©GuillaumeTC

Diesel, mines, nucléaire, recherche sur les OGM. Jeudi 9 février, Emmanuel Macron dévoilait (enfin) ses propositions en matière de transition écologique. Invité en Facebook live de l’émission du WWF France, il a confirmé une vision floue et contradictoire de l’écologie. De quoi faire frémir.

Réalité écologique 3.0

« Notre croissance n’est pas soutenable car notre planète n’y suffit pas. » Tiens, le voilà devenu décroissant le banquier ? Et bien non ! Rejetant tout autant le déni écologique que la décroissance, il a indiqué croire en une « croissance choisie, sélective ». Trop beau pour être vrai. Pointant du doigt la surconsommation des ressources, il a mis en avant le concept très publicitaire de « réalité écologique ». Que faut-il entendre ? En son sens, adapter la production, l’innovation et la consommation pour faire de l’écologie un des piliers de son programme d’investissement. Une économie 3.0 relancée par l’écologie. En d’autres termes, faire de l’écologie une nouvelle filière de développement économique. Cette apparente conscience écologique des limites de notre système implique-t-elle une transition radicale ? Les dessous de ce discours moderne ne sont pas très verts. Peut-on revendiquer des mesures écologiques sans remettre en cause nos modes de production et de consommation ? La « réalité

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