Pour un patriotisme vert

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Champ de lavande de Provence. ©Leniners

La situation politique en Europe occidentale est en train de muter rapidement sous l’effet d’une sensibilité accrue à l’urgence écologique. Celle-ci se manifeste de plus en plus concrètement, et vient s’installer dans le sens commun comme un phénomène palpable : canicules, sécheresses et pollutions. Si les effets du changement climatique étaient déjà perceptibles, leur visibilité démultipliée et la généralisation du processus viennent bousculer les représentations, de telle sorte que le changement climatique est désormais une menace bien présente dans les esprits, et que celle-ci s’ajoute aux autres menaces générées par la mondialisation. La dégradation accélérée de l’environnement est un élément supplémentaire du tout fout le camp généralisé perçu par les citoyens. L’ampleur du phénomène ouvre la voie pour un patriotisme vert.

Aux yeux des électeurs, l’imaginaire écologique a jusqu’ici toujours été celui du cosmopolitisme et de l’ouverture à la mondialisation. Cette caractéristique se traduisait par une forte pénétration chez les CSP+, les urbains et les diplômés. Que ce soit sur le plan militant ou sur le plan électoral, l’engagement écologiste marquait une nette préférence pour le global et le local, tout en mettant de côté l’échelon national, considéré comme non pertinent au regard de l’échelle des défis du changement climatique. Si

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McDo, Coca, Activia, Pom’Potes : Les as du Greenwashing

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©Mike Mozart

Alors pour tout vous dire, j’étais parti sur une parodie – sulfureuse, mais moins littéralement sado-maso – d’un chef d’oeuvre de l’érotisme pour ménagères sous Xanax, sur un truc qui se serait appelé Cinquante nuances de vert, mais c’eût été interminablement jouissif à écrire et un peu long à lire.

Alors, pour rendre hommage à la grande distribution qui, malgré elle, c’est bien-connu -c’est-la-faute-au-consommateur-qui-tient-à-son-pouvoir-d’achat, purge nos rues piétonnes et nos adorables bourgs de leurs petits détaillants, écrase les petits producteurs avec des marges exorbitantes, et tant d’autres prouesses, j’aimerais parler de la belle énergie qu’elle déploie pour rassurer le consommateur, cette espèce pusillanime qui fraye à travers les rayons menaçants, glisse d’un pas furtif dans le sillage de son pesant caddie, écarquille des yeux gros comme ça en trouvant de l’huile de palme dans la pâte feuilletée bio, trépigne à la vue des caisses bondées et enfin se déleste de ses emplettes sur le plateau d’une caisse automatique qui lui fait l’injure, une fois sur deux, de ne pas “reconnaître” les articles.

Le consommateur, aujourd’hui, veut du vert. Et dans les moyennes et grandes surfaces irriguées par les bons gros géants

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