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Le MRC va participer à la primaire du Parti Socialiste

Le MRC va participer à la primaire du Parti Socialiste
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Réuni dimanche 4 décembre, le conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), parti politique fondé en 2003 par Jean-Pierre Chevènement, a renoncé à présenter une candidature directe à l’élection présidentielle. Par 30 voix contre 10, auxquelles il faut ajouter 3 abstentions, l’instance du parti a choisi de passer par la primaire de la « Belle Alliance Populaire » (le Parti Socialiste et ses alliés), qui se tiendra en janvier, selon un membre de ce conseil. Le parti y présentera Bastien Faudot, conseiller départemental du territoire de Belfort, et conseiller municipal d’opposition à Belfort. Aucun accord relatif aux élections législatives n’aurait été conclu pour le moment, selon cette même source.

Ce vote a provoqué une crise interne au parti: la vice-présidente Adeline Crépin a démissionné, tout comme le secrétaire national Paul Zurkinden. Évoquant principalement des motifs personnels, Adeline Crépin explique dans un message de démission : « Je reste convaincue du bien fondé de notre présence à l’élection présidentielle au travers de la candidature de Bastien. Je ne reviendrai pas sur la décision du Conseil national de rejoindre la primaire de la Gauche et sur ma position. »

Depuis février 2016, le MRC était pourtant en campagne présidentielle, autour de Bastien Faudot. Alors que le parti a été quitté par son fondateur en juin 2015, il avait fait du renouvellement de la vie politique un de ses mots d’ordre, critiquant notamment Jean-Luc Mélenchon, présent sur un créneau politique proche, pour son passé de sénateur socialiste. Bastien Faudot, bien qu’élu au niveau départemental grâce au soutien du PS, n’en a jamais été membre. Ignoré des médias, la campagne du candidat n’a jamais vraiment décollé.

Cette démarche va permettre de faire entendre une voie souverainiste au sein du débat entre les candidats de la primaire socialiste. Cette position, assumée par le MRC, qui se revendique comme « La gauche qui aime la France », était jusqu’alors absente chez les candidats déclarés. Arnaud Montebourg, perçu comme le candidat le plus souverainiste, souhaite pourtant un « gouvernement économique de la zone euro », et n’envisage pas la sortie de l’Union européenne, même en cas d’échec de la renégociation des traités européens qu’ils souhaite entreprendre. Le MRC serait dans la perspective d’un ralliement à Arnaud Montebourg au second tour.

Une démarche contestable

Cependant, on peut s’interroger sur l’intérêt réel de ce choix pour le MRC et ses idées, étant donné la défaite quasi-certaine qui attend son candidat. Au vu de l’absence d’exposition médiatique de Batien Faudot, ses chances apparaissent minimes, à 7 semaines du premier tour de la primaire. De plus, il faut rappeler que les candidats à cette élection sont censés soutenir le bilan du Président François Hollande. Cette « Belle alliance populaire » semble par ailleurs mal porter son nom : lors de son lancement ce week-end, seules 2 000 personnes étaient présentes, contre 10 000 annoncées. Il faut rappeler l’impopularité record du Président de la République, dont le bilan ne serait soutenu que par 4 % des français selon la dernière enquête d’Ipsos. Or, étant donné la volonté de rupture du MRC avec la politique menée par le précédent gouvernement, cette démarche apparaît difficilement compréhensible.

Les propositions défendues jusqu’à présent par Bastien Faudot apparaissent bien éloignées de celle du gouvernement : rendre sa souveraineté au peuple français, défendre la laïcité, lutter contre les inégalités notamment. Un rapprochement avec Jean-Luc Mélenchon, qui met en avant des propositions similaires à celles du MRC dans plusieurs domaines n’aurait-il pas été plus pertinent ?

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