À l’assaut du ciel

Hannibal vainqueur contemple pour la première fois l’Italie depuis les Alpes. Tableau de Francisco de Goya.

L’heure est venue. L’occasion présente est trop importante pour manquer de la saisir. Il faut en effet tenter de mettre au jour ce qui se joue dans l’extraordinaire crise devant nous. Malgré le temps que le confinement offre à chacun, il reste difficile de lire les conséquences de la multiplication des crises qui feraient passer la tempête de 2008 pour une vulgaire bourrasque. Ce qu’on sait, tout simplement, c’est qu’un grand changement culturel a commencé et qu’une nouvelle étape de décomposition de l’hégémonie néolibérale s’est enclenchée. Ce basculement reste indécis, car il peut déboucher sur deux modèles de société antagoniques : le néolibéralisme autoritaire, dépecé de la nécessité d’un consentement élargi, ou un compromis keynésien écologique.

On le pressentait, l’année 2020 démarrait de façon cauchemardesque. Entre les risques de guerre avec l’Iran, propices à allumer la poudrière du Moyen-Orient, et les incendies en Australie, il était difficile de ne pas penser que tout foutait le camp. À vrai dire, cela fait bien un an et demi que le sentiment que le sol se dérobe sous nos pieds traverse les esprits. Malgré la prompte amnésie collective, il est irréalisable d’oublier que les gilets jaunes ont bien mis en branle toute la structure

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter