Benjamin Morel : « La gauche doit être un rempart contre le maurrassisme rampant, pas en devenir le poisson-pilote »

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Benjamin Morel © Clément Tissot pour Le Vent Se Lève

Nous avons retrouvé Benjamin Morel dans un café à proximité de l’Assemblée nationale. Trentenaire, il est maître de conférences en droit public à l’Université Paris II Panthéon Assas et docteur en science politique à l’École Normale Supérieure Paris-Saclay. Tandis qu’Emmanuel Macron compte mettre en pratique son “pacte girondin” à travers la loi 3D (différenciation, décentralisation, déconcentration), nous avons souhaité interroger Benjamin Morel sur les raisons pour lesquelles celle-ci contrevient à l’esprit d’une République une et indivisible et menace l’édifice républicain tout entier. Entretien réalisé par Antoine Cargoet, retranscrit par Dany Meyniel.

LVSL — Le président de la République a présenté un projet de réforme constitutionnelle qui prévoit notamment l’instauration d’un « droit à la différenciation » au profit des collectivités. Qu’est-ce que cela signifie exactement ? Y a-t-il un risque d’application inégale de la loi selon les régions ?

Benjamin Morel – La différenciation est un « mot-valise ». Ce qui représente sa force, c’est que chacun peut y projeter ses propres espoirs, ses propres attentes, ses propres fantasmes. Les associations d’élus y voient une façon d’obtenir des compétences, sans que tout le monde soit d’accord pour les exercer. Les régionalistes y perçoivent une manière de se rapprocher le plus possible d’un statut semblable aux communautés

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