« Brésil : les démocraties meurent aussi démocratiquement » – par Boaventura de Sousa Santos

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Jair Bolsonaro ©Marcelo Camargo/Agência Brasil

Boaventura de Sousa Santos est professeur de sociologie et directeur du Centre d’études sociales de l’Université de Coimbra (Portugal), professeur émérite de l’Université de Wisconsin-Madison (États-Unis) et de divers établissements universitaires du monde. Il a participé à trois éditions du Forum Social Mondial à Porto Alegre. Article Publié en portugais sur Midianinja, et en espagnol sur Pàgina 12.

Nous nous sommes habitués à penser que les régimes politiques se partagent en deux types principaux : la démocratie et la dictature. Après la chute du mur de Berlin, en 1989, la démocratie (libérale) a fini par être considérée, de manière quasi consensuelle, comme l’unique régime politique légitime. Malgré leur diversité interne, ce sont deux types antagonistes qui ne peuvent pas coexister dans la même société et l’option pour l’un ou l’autre suppose toujours une lutte politique impliquant la rupture avec la légalité existante.

Au cours du siècle dernier, l’idée selon laquelle les démocraties ne s’effondraient que par l’interruption brusque et presque toujours violente de la légalité constitutionnelle, au moyen de coups d’État dirigés par des militaires ou des civils dans le but d’imposer une dictature, a été consolidée. Ce récit était en grande partie vrai. Il ne l’est plus. Des ruptures violentes et des coups d’État sont

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