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Le 26 mai prochain, les électeurs belges prendront part à un super-scrutin : en plus des élections européennes auront lieu les élections législatives. Ce scrutin revêt un enjeu majeur pour le Royaume, puisqu’il décidera des prochaines coalitions qui composeront le gouvernement fédéral et les différents gouvernements régionaux. Si la gauche semble en mesure de réaliser des scores importants en Wallonie et dans la région bruxelloise, la scène politique en Flandre reste dominée par la droite. La percée de la question écologique, portée sur le devant de la scène par la jeunesse belge, pourrait cependant changer la donne et entraîner la fin de la coalition « suédoise » au pouvoir depuis 2014. Par Rik Mortier.

Les électeurs belges choisiront leurs nouveaux représentants ce 26 mai dans le cadre des élections fédérales et régionales qui se tiendront parallèlement aux élections européennes. Ces élections prennent place dans une période politiquement difficile : en effet, la coalition « suédoise »[1] constituée entre les libéraux francophones et néerlandophones (MR et Open VLD), les chrétiens démocrates et nationalistes flamands (CD&V et NVA), est tombée suite au départ de la NVA le 8 décembre 2018. Les nationalistes flamands s’étaient opposés à la signature par la Belgique du Pacte mondial pour des migrations sûres (dit « Pacte de Marrakech »). Ce désaccord a entraîné la chute du gouvernement du premier ministre Charles Michel qui, faute de majorité à la Chambre des représentants (chambre basse du Parlement fédéral belge), a dû constituer un « gouvernement d’affaires courantes  ».[2]

Les élections de 2014 avaient généré un séisme dans la vie politique belge. Pour la première fois, la NVA entrait au gouvernement fédéral et prenait la tête de la région flamande, devenant ainsi le premier et plus puissant parti du Royaume. Son ascension avec deux autres partis flamands (CD&V et Open VLD), pour un seul parti francophone (le MR) aux commandes de la Belgique avait suscité de multiples interrogations quant à la politique qui serait conduite au niveau fédéral.

Cinq ans plus tard, le départ abrupt des régionalistes flamands de la majorité gouvernementale semble avoir rebattu les cartes du jeu politique. L’arrivée en force de la thématique écologique sur la scène nationale ainsi que la forte poussée de la gauche en Wallonie et dans la région bruxelloise ont entraîné une polarisation du débat politique et n’ont fait que renforcer l’importance du scrutin sur l’avenir de la Belgique. En Flandre, bien que la NVA reste le premier parti dans toutes les enquêtes d’opinions, son départ de la majorité fédérale a fortement compliqué sa relation avec ses partenaires. Derrière elle, l’importance prise par la question écologique amène les verts flamands (Groen) à disputer la deuxième place aux chrétiens démocrates (CD&V) et aux libéraux (Open VLD). En Wallonie et à Bruxelles, la gauche domine les débats : à Bruxelles, les écologistes sont en passe de devenir le premier parti, talonnés par les socialistes. En Wallonie, ce sont les socialistes, malgré les différents scandales dont ils ont fait l’objet, qui réussissent à rester le premier parti du pays, suivi par les écologistes qui pour la première fois pourraient reléguer les libéraux au troisième rang. A noter également une forte percée du Parti du Travail de Belgique (PTB). Ce parti d’essence marxiste, qui ne réalisait jusqu’à récemment que des scores assez confidentiels, constitue une nouvelle force sur laquelle les autres partis devront compter à l’avenir.

Les élections communales de 2018 : premier crash-test avant les élections nationales

Afin de situer les enjeux de la campagne qui a actuellement lieu, il faut revenir sur les élections communales et provinciales d’octobre 2018. Celles-ci ont servi de test pour la plupart des partis politiques, qui ont pu mettre à l’épreuve leur stratégie électorale, avec en vue les élections fédérales et régionales de l’année suivante.

En Wallonie et à Bruxelles, ces élections ont été marquées par une nette progression d’Écolo et du PTB. Les verts ont réussi à capitaliser sur l’importance croissante prise par la question écologique dans le débat politique. Ils ont également bénéficié d’un positionnement central qui leur permet de récupérer une partie des voix des libéraux et des démocrates-chrétiens. Trois des dix-neuf bourgmestres (les maires) bruxellois sont aujourd’hui Écolo, les verts arrivant également en seconde position dans neuf autres communes bruxelloises. Le PTB a lui aussi progressé de manière significative, passant de 2 à 35 sièges dans les différents conseils communaux. Cette réussite ne s’est cependant pas concrétisée dans des participations aux majorités, puisque le PTB a été écarté de toute participation au sein de majorités municipales.

Ces deux partis ont largement bénéficié des différents scandales financiers qui ont touché le Parti Socialiste (PS). Ce dernier, bien qu’affaibli, est resté une force déterminante au sein du paysage politique du sud du pays. Il a notamment réussi à conserver les mairies des principales villes Wallonnes. Plus surprenant encore, malgré les faits de corruption révélés par le scandale du Samusocial[3] mettant en cause le Bourgmestre socialiste Yvan Mayeur, le PS a réussi à conserver la mairie de Bruxelles. Face à ces trois partis, les libéraux du MR ont essuyé un échec, tandis que les démocrates-chrétiens du CDH (centre), s’ils ont limité la casse, restent une force politique de second plan.

Face ce paysage politique wallon et bruxellois ancré à gauche, les résultats en Flandre ont montré une carte politique orientée à droite. La campagne, essentiellement concentrée sur la ville d’Anvers, aura finalement offert un résultat mitigé aux nationalistes. Les chrétiens-démocrates du CD&V ont réussi à se maintenir comme premier parti au niveau local, une place que la NVA cherchait à leur ravir. A gauche, si Groen (les verts flamands) enregistre une progression notable, le SP.A (parti socialiste flamand) s’effondre totalement. A noter là encore des scores qui s’améliorent pour le PTB. Les communistes ont même pu rejoindre une coalition au niveau communal (la seule à l’échelle du pays) dans la petite ville de Zelzate.

Loin de la victoire éclatante qui préfigurerait un succès de la NVA aux élections fédérales, celle-ci a au contraire perdu des voix au profit du Vlaams Belang, un parti d’extrême-droite indépendantiste. Les bons résultats de ce parti, qui a su récupérer une partie des électeurs déçus de la NVA, ont poussé le parti régionaliste à radicaliser sa campagne.

Les régionalistes de la NVA mis en difficulté par les scandales

L’échec électoral relatif de la NVA aux élections communales a sans aucun doute servi de déclencheur à la crise gouvernementale de décembre 2018. La NVA a en effet échoué à réaliser les objectifs qu’elle s’était fixés, à savoir la prise de plusieurs grandes villes flamandes en-dehors d’Anvers, afin de devenir la première force locale de Flandre. Le parti s’est par ailleurs fait doubler sur sa droite par le Vlaams Belang qui a enregistré de bons scores. Cherchant dès lors à durcir leur discours anti-immigration, les régionalistes flamands ont manifesté une virulente opposition contre la signature du le Pacte de Marrakech par l’État belge, alors que celui-ci était en cours de négociation au sein de la majorité gouvernementale depuis de nombreux mois. Face à la volonté des partenaires de la suédoise de signer l’accord, la NVA a quitté le gouvernement Michel le 8 décembre, avant que celui-ci ne passe en affaires courantes, faute de soutien de la part des autres partis représentés à la Chambre.

En utilisant le Pacte de Marrakech comme prétexte pour justifier son départ du gouvernement, la NVA a cherché à placer la thématique migratoire au centre du débat politique avant les élections. Cette stratégie a cependant été limitée par le scandale des visas humanitaires qui a impacté l’ex-Secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Théo Francken. Ce dernier était pourtant devenu une figure de proue de la NVA, dont les dirigeants n’avaient pas hésité à défendre les nombreuses sorties polémiques. L’affaire consiste en un large trafic de visas humanitaires par un réseau d’intermédiaires en Belgique, et notamment des responsables locaux de la NVA. Ceux-ci ont amassé d’importantes sommes d’argent en vendant ces visas à la communauté chrétienne de Syrie. Le secrétaire d’État Francken a été directement mis en cause pour avoir ouvert «  un canal de migration opaque, n’offrant pas les garanties d’un traitement équitable  » selon l’Administration de l’Asile et de la Migration.

Cette mise en cause a ébranlé l’image d’un parti qui se présente comme intraitable sur les questions liées à la migration. Elle a également limité la capacité de la NVA à faire de l’immigration un sujet central de la campagne.

La question sociale et l’émergence du Parti des travailleurs de Belgique

Les questions socio-économiques ont occupé une place importante dans les débats politiques en Belgique. La politique néolibérale de la coalition suédoise et la promesse des « jobs, jobs, jobs » du Premier Ministre Charles Michel ont suscité de vives crispations. Les décisions prises ont notamment entraîné une forte augmentation des contrats précaires  : 52 % des nouveaux contrats en 2016 étaient des contrats précaires (CDD) et 40 % de ces contrats étaient à temps partiel. La part de ces contrats est passée de 40 % en 2014 à 48 % en 2018 pour les premiers, et de 27 % à 31 % sur la même période pour les seconds.

L’émergence du mouvement des gilets jaunes en Belgique a participé à l’émergence de la question sociale dans le débat politique. Il a favorisé la montée du PTB, déjà en nette progression en Wallonie et à Bruxelles, et dans une moindre mesure en Flandre. Ce parti fait figure d’ovni dans le paysage politique belge intégralement régionalisé, car il est le seul parti national.[4] Il a su tirer profit de l’affaiblissement du PS tout en se positionnant sérieusement sur des dossiers importants tels que la fiscalité des entreprises. Son positionnement en faveur d’une politique sociale et écologique axée sur des investissements publics, la non-régression sociale et le renforcement de la démocratie directe a suscité une adhésion non négligeable dans un pays où plus de 20 % de la population, soit près de 2,3 millions de personnes, est menacée de pauvreté ou d’exclusion.

La question climatique : enjeu qui transcende les clivages régionaux

Dans la foulée des élections communales, la Belgique a assisté à la naissance du mouvement de soutien à l’écologie le plus important que le Royaume ait jamais connu. Ces manifestations trouvent leurs origines dans la gestion calamiteuse du parc nucléaire belge, dont toutes les centrales ou presque sont à l’arrêt, fissurées ou en entretien. La qualité de l’air, déplorable sur l’ensemble du pays et en particulier dans les métropoles bruxelloise et anversoise, a également poussé la population dans les rues. C’est ainsi que tout au long de l’année 2018, des écoliers bruxellois néerlandophones, plus tard suivis de leurs comparses francophones et de leurs parents, ont participé à des opérations de ralentissement de la circulation aux abords des écoles. Les manifestions ont par la suite pris une nouvelle dimension à la veille de la COP24 en Pologne. Le 2 décembre 2018, plus de 60 000 personnes marchaient dans les rues de Bruxelles pour le climat. Depuis lors, des manifestations sont organisées régulièrement dans les grandes villes de Belgique et rassemblent des milliers de manifestants.

La question de l’écologie a largement polarisé la politique belge. Les membres de la suédoise ont montré une faiblesse manifeste sur cette question. Chrétiens-démocrates comme libéraux se sont avérés totalement incapables de répondre aux injonctions de la rue. Le poids politique de la thématique écologique s’est traduit par la démission de la ministre flamande de l’environnement, Joke Schauvliege. Cette dernière a été forcée à quitter son poste suite à des propos mensongers où elle affirmait que les services de la Sûreté de l’État l’avaient informée que les manifestations pour le climat étaient un complot mis en place par des organisations environnementales. La NVA, quant à elle, s’est frontalement opposée aux appels de la rue en soutenant le nucléaire.

Au Parlement belge, Groen et Écolo ont habilement réussi à maintenir le sujet sur la table des discussions, notamment en tentant d’introduire une révision de l’article 7bis de la Constitution belge avec une loi climat élaborée par des chercheurs issus de plusieurs grandes universités du Royaume. Cette révision aurait significativement renforcé la coordination entre les différentes instances belges au niveau régional et fédéral, tout en incluant les obligations internationales de la Belgique dans son corpus constitutionnel. Le texte, rejeté en l’absence d’une majorité des deux-tiers, a mis en exergue la division entre la Flandre et la Wallonie sur la question climatique. En effet, la quasi-totalité des partis francophones se sont prononcés en faveur du texte, alors que les partis de droite néerlandophones (CD&V, Open VLD et NVA) s’y sont tous opposés. Si les manifestations ont trouvé un écho puissant au nord comme au sud du pays, le positionnement des partis politiques sur la question écologique reflète toujours la frontière linguistique.

L’identité de la Belgique toujours au centre du débat politique

L’importance prise par les questions écologiques et sociales a mis au centre du jeu politique des thématiques qui dépassent les clivages régionaux. Les manifestations sur le climat ont en effet vu défiler des jeunes de toutes les régions de la Belgique avec un message unique. De même, les aspects socio-économiques et la contestation de la politique néolibérale du gouvernement Michel ont pris une ampleur nationale sur des questions telles que la fiscalité ou la réforme de la fonction publique.

Il n’empêche que la question identitaire fait toujours débat en Belgique. Les régionalistes flamands de la NVA ont en particulier cherché à placer l’idée du confédéralisme au centre du débat politique. Pour eux, la Belgique se divise chaque jour davantage en deux démocraties indépendantes  avec des avenirs distincts. Ils en veulent pour preuve le renforcement du clivage politique entre une Wallonie progressiste dominée par la gauche et une Flandre libérale-conservatrice. Les choix politiques des deux régions rendraient à terme la Belgique ingouvernable, justifiant la transformation du Royaume en « confédération  » dans laquelle les régions recevraient les pleins-pouvoirs. Le gouvernement fédéral se transformerait alors en coquille vide dénuée de toute compétence substantielle. Pour leurs opposants, cette stratégie cache à peine la volonté d’une véritable scission du pays, le confédéralisme ne servant à terme qu’à acter l’obsolescence de la Belgique comme entité politique. Si une majorité des Flamands reste défavorable à l’indépendance, force est de constater que leurs dirigeants jouent des tensions politique et des clivages régionaux avec la volonté d’en tirer des bénéfices électoraux.

Constituer les futurs gouvernements du Royaume : un casse-tête belge

La Belgique fait face à l’un des scrutins les plus incertains auquel elle n’ait jamais été confrontée. Avec une scène politique plus divisée que jamais, la constitution de gouvernements viables aux différents échelons de pouvoir reste difficile à évaluer.

Dans les régions de la Wallonie et de Bruxelles, la gauche semble en mesure de l’emporter. La constitution de majorités progressistes reste cependant à confirmer. Si les socialistes et les verts paraissent en mesure de pouvoir s’associer, des accords incluant le PTB restent improbables à l’heure actuelle. L’échec de la constitution de majorités au niveau communal entre les communistes et les socialistes en Wallonie comme à Bruxelles, malgré des tentatives à Charleroi, Liège ou Molenbeek, montre que ces partis n’ont pas encore réussi à trouver l’équilibre nécessaire à la mise en place de majorités stables. Les libéraux du MR et les humanistes du CDH ne seront par ailleurs pas en reste, et pourraient chercher à négocier leur entrée dans les majorités wallonnes et bruxelloises, moyennant un appui au niveau fédéral ou dans l’une ou l’autre des régions francophones.

En Flandre, force est de constater que la NVA reste l’acteur central. Le parti a montré une importante résilience face à l’érosion du pouvoir et reste deux fois plus important dans les sondages que les chrétiens-démocrates, les verts et les libéraux, tous au coude à coude autour de 15 %. Les régionalistes paraissent donc pour l’heure quasi-incontournables. L’hypothèse d’une majorité incorporant leurs trois poursuivants, avec l’appui des socialistes flamands, pourrait cependant voir le jour en cas de score plus faible que prévu.

De la constitution des gouvernements au niveau régional dépendra en grande partie la composition du gouvernement fédéral, et inversement. Le bricolage des différentes majorités au sein de ces entités dépend d’un jeu politique complexe à la suite des élections. Cela explique notamment les difficultés auxquelles la Belgique fait face dans la constitution de ses gouvernements ces dernières années. Si toute prédiction paraît aujourd’hui hasardeuse, on peut effectuer plusieurs observations :

En premier lieu, le départ de la NVA suite à la ratification du Pacte de Marrakech a tendu les relations entre les partenaires de la suédoise. Plusieurs partis ont affiché leurs réticences à l’idée de reconduire la même majorité. Si la NVA restera quasi-certainement le parti le plus important en Flandre, son attitude pourrait lui jouer des tours, et pousser ses ex-alliés à prendre le large.

Si le PTB a réalisé une percée importante aux élections communales et devrait poursuivre sur sa lancée, il paraît improbable que le parti entre au sein d’une majorité gouvernementale. Il aura cependant fortement orienté les débats sur les questions sociales tout en entraînant les autres partis de gauche à sa suite. Son positionnement comme seul parti unitaire à l’échelle de la Belgique lui permet également de prôner un message d’unité, se faisant ainsi l’antithèse des nationalistes flamands.

Les bons scores prédits aux écologistes dans toutes les régions de la Belgique, s’ils venaient à se concrétiser, pourraient en faire le premier groupe politique à l’échelle du pays. Il s’agirait d’un renversement important, puisque les écologistes flamands, wallons et bruxellois sont les seuls à siéger dans un groupe commun à la Chambre des représentants[5]. Le groupe créé serait ainsi plus grand que celui de la NVA, donnant potentiellement l’initiative aux écologistes pour la constitution d’une majorité fédérale. Cela les rendrait également quasi-incontournables pour les autres partis, en particulier dans un contexte où l’écologie a été l’un des thèmes forts de la campagne.

Les rapports de force politique actuels laissent supposer que la composition du prochain gouvernement fédéral ne reflètera pas les majorités constituées au sein des tous les gouvernements régionaux. Dans l’éventualité où une majorité sans régionalistes flamands se constituerait, celle-ci ne pourrait probablement pas se passer des écologistes et/ou du PS. Ce facteur pourrait renforcer le discours émancipateur de la droite et de l’extrême droite flamande, avec pour résultat une fracture encore plus large entre les différentes composantes de la Belgique.

[1] La coalition « suédoise » est appelée ainsi car le Premier Ministre Charles Michel a associé les couleurs de son gouvernement au drapeau suédois. En effet, le bleu est la couleur distinctive de la communication politique des partis libéraux (MR et Open VLD), le jaune celle utilisée par les nationalistes flamands de la NVA, tandis que la croix symbolise la présence dans ce gouvernement du CD&V, le parti chrétien-démocrate flamand.

[2] Un gouvernement d’affaires courantes désigne en Belgique en gouvernement exerçant le pouvoir de façon limité. Cette situation peut se produire notamment lorsque le gouvernement n’a pas la confiance au sein de la Chambre des Représentants (la Chambre basse du Parlement belge) ou lors de la dissolution des chambres du Parlement belge. On parle également de gouvernement intérimaire.

[3] Le 8 juin 2017, le bourgmestre PS de la commune de Bruxelles Yvan Mayeur dut démissionner à cause des suites du scandale du Samusocial. Par l’intermédiaire d’un système de rémunération opaque, l’ex-bourgmestre ,ainsi que l’ex-présidente du Centre Publique d’Action Sociale de Bruxelles Pascale Peraïta, ont touché chacun plus de 112 000 euros entre 2008 et 2016. Ce scandale a été révélé en parallèle de l’affaire Publifin, dans laquelle plusieurs mandataires locaux du PS sont également mis en cause pour avoir perçu d’importantes rémunérations de l’intercommunale (terme utilisé pour définir une entreprise publique gérée par plusieurs communes en Belgique) Publifin.

[4] En Belgique, l’ensemble des mouvances politiques sont divisés en partis distincts suivant la division linguistique du pays (à l’exception des partis régionalistes favorables à la scission de la Belgique et du PTB).

[5] Les partis politiques belges à la Chambre des Représentants ont constitué des groupes politiques par partis régionaux. Ainsi, les socialistes, les chrétiens-démocrates et les libéraux ont chacun constitué un groupe avec leur frange francophone, un autre avec leur frange néerlandophone. Les régionalistes ne sont représentés qu’en Flandre. Groen et Ecolo font figure d’exceptions, les deux partis ayant constitué un groupe commun à la Chambre des représentants.


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