“Fainéants” et “assistés” : la sinistre vision du monde de la classe politico-médiatique

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©Jeso Carneiro

Emmanuel Macron s’en est pris le 8 septembre à Athènes aux “cyniques”, aux “extrémistes” et aux “fainéants” ; il les accuse d’empêcher les réformes d’avoir lieu comme il se doit. ”Fainéants” : le mot est lâché. L’argument avait été sous-entendu à maintes reprises, mais c’est la première fois qu’il est exposé avec une parfaite clarté : si les Français détestent les réformes, s’ils sont attachés à leur Code du Travail et ne souhaitent pas travailler plus pour gagner moins, c’est tout simplement parce qu’ils sont fainéants. Ce dérapage verbal permet de comprendre la vision du monde d’une partie des “élites” libérales, selon lesquelles la société est divisée en deux catégories. D’un côté on trouve la France qui se lève tôt, celle qui travaille dur le jour et rêve de ”start-up nation” la nuit ; de l’autre, on trouve ceux qui ne sont rien : ”fainéants”, ”assistés” et ”paresseux”, véritables parasites dont les revendications politiques sont des obstacles sur la route du progrès économique.

La revue Capital publiait en 2010 un article intitulé comment faire bosser les paresseux.

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