Féminicides : les cris que nous n’entendons pas

blank
© Florine Gatt

109 féminicides. La formule est connue, « tous les trois jours une femme meurt sous les coups de son conjoint ». Nous sommes bien en France, en 2019 et un imposant cimetière de femmes s’étale sous nos pieds. Le sujet se trouve enfin sur le devant de la scène, depuis le lancement du Grenelle des violences faites aux femmes le 3 septembre. Mais pourquoi avons-nous attendu si longtemps avant d’en parler ? Tribune de Florinne Gatt.

Un terme spécifique pour un crime systémique

Un féminicide désigne le meurtre d’une femme en étroite relation à son genre. Il s’agit donc d’un crime dont le motif est profondément misogyne. Dans son acceptation mondiale, le féminicide regroupe ainsi de nombreux types de meurtres et de violences, allant de la sélection des fœtus ou des enfants à la naissance, aux divers crimes d’honneur. On constate plusieurs occurrences depuis le XIXème siècle mais sa naissance est véritablement actée par la publication en 1992 de Feminicide : the Politics of Woman Killing de Diana E.H. Russell et Jill Radfordi. L’ouvrage regroupe une série d’essais sur ce qu’elles définissent comme un paroxysme des violences faites aux femmes aux États-Unis.

Un certain nombre d’événements entérinent définitivement le terme

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter