Guillaume Blanc : « Aux origines du colonialisme vert »

Guillaume Blanc. Crédits : Flammarion

Guillaume Blanc est historien, maître de conférence à l’Université Rennes 2, spécialiste de l’histoire de l’Afrique contemporaine, en particulier de l’Éthiopie ; ses travaux le situent dans le champ des humanités environnementales. Il publie en 2020 L’invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l’Éden africain, aux éditions Flammarion. Il avait déjà publié en 2015 Une histoire environnementale de la nation, qui comparait l’histoire de parcs nationaux au Canada, en Éthiopie et en France. Entretien réalisé par Nils Belliot et Tangi Bihan.

LVSL – Dans votre premier ouvrage daté de 2015, Une histoire environnementale de la nation : regards croisés sur les parcs nationaux du Canada, d’Éthiopie et de France, vous insistez sur l’aspect éminemment politique de la construction des parcs nationaux. Pouvez-vous nous parler rapidement des exemples français et canadiens ?

Guillaume Blanc – Il s’agissait pour moi d’une démarche d’histoire environnementale : je voulais étudier les rapports sociaux à la nature dans leurs dimensions institutionnelle, culturelle, mais aussi matérielle. La comparaison entre les trois cas, notamment les deux occidentaux, m’a permis de voir que la nature était toujours façonnée par le pouvoir et que chaque nation créait sa propre nature.

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