“La gratuité est beaucoup plus réaliste économiquement que le revenu universel” – Entretien avec Paul Ariès

Paul Ariès est journaliste et politologue, reconnu notamment comme l’un des penseurs contemporains de la décroissance. Il travaille depuis plus de 10 ans sur le concept de « gratuité » comme contre modèle à la marchandisation du monde insufflée par le néolibéralisme. En septembre 2018, il publie Gratuité contre capitalisme : des propositions concrètes pour une nouvelle économie du bonheur, sous la forme d’un manifeste, à l’occasion des 10 ans de l’Observatoire international de la gratuité.  Notre interviewé prend en cette période une part active dans l’organisation de Forum national de la gratuité, dont la deuxième édition se tiendra à Lyon le 5 janvier 2019. Retour sur ce concept de gratuité subversive.

 

LVSL – Nous allons revenir sur ce que vous entendez par gratuité. Mais avant, nous aimerions comprendre de quel constat vous partez. Dans votre dernier article pour le Monde diplomatique, vous dites que « la gratuité offre le moyen de terrasser les quatre cavaliers de l’Apocalypse qui menacent l’humanité et la planète : marchandisation, monétarisation, utilitarisme et économisme ». Pouvez-vous expliciter rapidement chacune de ces quatre menaces produites pour vous par le capitalisme ?

Paul Ariès – Je pars d’une bonne et d’une mauvaise nouvelle, même si j’insiste infiniment plus sur la bonne que

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter