La question macédonienne peut-elle faire tomber Tsipras ?

Historien, spécialiste de la Grèce et des Balkans, auteur d’une oeuvre historique en trois tomes intitulée La Grèce et les Balkans (Folio Histoire), Olivier Delorme revient sur l’épineuse question macédonienne et son influence sur la politique intérieure grecque. A l’aune des manifestations de masse qui ont eu lieu à Thessalonique et à Athènes contre l’ouverture de négociations avec Skopje, on peut envisager que le nationalisme hellénique arrive à faire coaguler les mécontentements contre le gouvernement Tsipras. A moins que Tsipras n’ait l’intention de se servir de la question macédonienne pour fracturer la droite et se maintenir au pouvoir… 

Si l’on veut comprendre quelque chose à la « question macédonienne » et ne pas s’arrêter aux poncifs véhiculés par les médias dominants d’Europe occidentale, il faut commencer par prendre en compte les trois réalités que recouvre l’appellation de Macédoine :

– un royaume antique de langue et de culture helléniques dont les centres de pouvoir se trouvaient sur le territoire de la Grèce d’aujourd’hui : Pella, Verghina (Aigéai antique), Philippes sont des sites archéologiques remarquables dont les musées[1] présentent un matériel attestant le large usage d’un soleil à seize branches, que l’Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM[2]) adopta,

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter