« Le capitalisme de la séduction » : retour sur l’ouvrage de Michel Clouscard

« L’initiation mondaine à la nouvelle civilisation marchande, le système de dressage anthropologique au capitalisme du plan Marshall et des Trente Glorieuses : voilà ce que s’emploie à décrire cet ouvrage ». C’est en ces termes que s’ouvre la préface de Capitalisme de la séduction de Michel Clouscard, initialement publié en 1981 et réédité en 2015 par les éditions Delga. Son auteur, né en 1928 et mort en 2009, était un proche du PCF, mais aussi et surtout le théoricien critique du libéralisme libertaire. Clouscard sous-titre justement cet ouvrage « critique de la social-démocratie libertaire », qu’il définit comme stade avancé du capitalisme ayant produit un « marché du désir » dans une société où se confondent libéralisme et liberté.

Vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires, cet ouvrage donne des clés de compréhension du monde contemporain dans le contexte du capitalisme d’après-guerre. À travers son analyse du « mondain », compris comme un nouveau moyen de démarcation de la bourgeoisie reconstituée et des classes dominantes, Michel Clouscard s’emploie à démontrer que l’idéologie conditionne la sensibilité, que la consommation de masse est emplie de l’idéologie capitaliste. Surtout, il démontre comment cette dernière est parvenue, en s’immisçant dans la culture, à faire de la consommation de masse le seul projet

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