« Le malheur des Kurdes est d’occuper un territoire trop géostratégique » – Entretien avec Mehmet Ali Doğan

Combattantes kurdes Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:YPJ_fighters_3.jpg
Combattantes kurdes. @Wikimedia Commons

Mehmet Ali Doğan, anthropologue spécialiste de la question kurde, a accepté de répondre à nos questions et de nous éclairer sur la situation actuelle au nord-est de la Syrie. Entretien mené par Eugène Favier-Baron, Elsa Margueritat et Sylvain Pablo Rotelli. Retranscrit par Dany Meyniel.

LVSL – On entend souvent parler du peuple kurde un peu comme d’une catégorie homogène. Pourriez-vous nous éclairer sur les différentes tendances qui traversent la communauté kurde et sur les rapports de force qui existent en son sein ? plus particulièrement, quelle était la spécificité de l’établissement kurde au Rojava pour cette communauté dans sa diversité ?

Mehmet Ali Doğan – Les Kurdes forment une communauté ou bien une nation de plus de quarante millions d’habitants, composée naturellement d’athées, de religieux, d’individus de divers sensibilités politiques, au même titre que les français ou les palestiniens. Le malheur des Kurdes est d’occuper un territoire au croisement de trop d’enjeux géostratégiques. Si le peuple kurde n’a pas bénéficié d’un État durable dans son histoire, c’est parce que le territoire qu’ils revendiquent a toujours été convoité par les puissances grecques, romaines, arabes puis turques.

Au XIXe siècle l’Empire ottoman perd du pouvoir et impose pour la première fois aux Kurdes et

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