Le mythe de la fin de l’Histoire et le consensus libéral postmoderne

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La notion de fin de l’Histoire, croyance fondatrice de la vision postmoderne de nos sociétés est au cœur des convergences idéologiques entre secteurs apparemment distincts de la bourgeoisie éduquée. Tous partagent la critique de l’État-nation comme acteur central des processus économiques et politiques.

L’émergence de l’idée de fin de l’Histoire au cours des années 1980 dans le monde universitaire européen et anglo-saxon est à la source de ce que nous entendons aujourd’hui par postmodernité. Jean-François Lyotard, Jean Baudrillard, Paul Feyerabend, Marshall Sahlins, Jacques Derrida, Jürgen Habermas (qui prétend pourtant s’extraire de la démarche postmoderniste tout en adhérant à l’idée koselleckienne[1] de posthistoire), Samuel Huntington et Francis Fukuyama, forment dans leurs champs disciplinaires respectifs, les piliers hétéroclites d’une théorie de l’histoire qui prétend acter la fin de la téléonomie moderne (le progrès social adossé au progrès technoscientifique et à l’État-nation).

Ce point de vue se justifie d’une part, au niveau géopolitique, avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis la fin de la Guerre froide, et le nouvel ordre mondial, où la suprématie Nord-américaine était censée imposer la prédominance (désirée ou critiquée selon les auteurs, mais toujours envisagée comme inéluctable) de la démocratie libérale et de l’économie

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