The French deputy Fabien Roussel in front of the French National Assembly. He is the new party leader of the French Communist Party (PCF). Paris, 6th June 2018. Le depute francais Fabien Roussel devant l Assemblee Nationale. Il est le nouveau Secretaire National du Parti Communiste Francais (PCF). Paris, 6 juin 2018. ©Ulysse Guttmann-Faure/APJ/Hans Lucas pour Le Vent Se Lève
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Fabien Roussel vient d’être élu secrétaire national du Parti Communiste Français lors d’un congrès historique, au cours duquel la majorité sortante a été mise en minorité pour la première fois. Nous avons pu l’interroger brièvement à l’issue de ce congrès.


LVSL – La majorité sortante du PCF a été mise en minorité pour la première fois par le texte « Pour un manifeste du parti communiste du XXIè siècle » dont vous étiez signataire. Ce texte, dont le titre sonne comme un renouveau, ancre pourtant son analyse dans l’urgence d’un retour aux fondamentaux du PCF pour qu’il puisse se réaffirmer. Que signifie concrètement ce paradoxe ?

Fabien Roussel – Il y a une surprise qui a été créée par le choix du texte et on aurait pu sortir déchirés de ce congrès. Les communistes ont fait le choix de nous demander de trouver les solutions pour être rassemblés et pour conserver les orientations écrites du texte qui a été choisi. Ce texte a été amendé largement par plus de 7 000 amendements. Avec Pierre Laurent, on a beaucoup discuté et on a créé les conditions de pouvoir construire une direction renouvelée. Cela veut dire quoi aujourd’hui ? Cela signifie que les communistes attendent de nous que l’on soit unis. On a réussi à le faire, et on est désormais combatifs. Cela implique de mener dès maintenant une vaste campagne dans toute la France pour l’augmentation du SMIC, des salaires, et des pensions. Cette question du pouvoir d’achat doit être centrale dans notre combat, donc on va toujours se battre pour dénoncer le coût du capital, mais on va aussi exiger de meilleurs salaires, de meilleures pensions, pour pouvoir vivre dignement quand on travaille. Voilà où nous allons.

LVSL – En parlant d’économie, aujourd’hui, les pays de l’Union européenne semblent pris dans l’engrenage de la concurrence fiscale et sociale dû à la monnaie unique. Face à ce constat, ne pensez-vous pas que la remise en question de l’euro s’impose ?

Fabien Roussel – Non, ce n’est pas du tout ce qui est à l’ordre du jour. Aujourd’hui, il y a des traités européens qui ont fait la preuve qu’ils étaient nocifs pour les peuples. Ce que nous voulons mettre à l’ordre du jour est de demander à ce que ces traités soient mis au placard et que l’on construise une Europe des peuples, des nations, une Europe de la coopération. Il faut que les peuples et les nations puissent travailler ensemble pour relever les défis qui sont importants, je pense notamment au défi écologique. Voilà ce qu’on a décidé de mettre en avant : contester les traités européens ; dire clairement « ces traités, on n’en veut plus » ; et construire une autre Europe respectueuse des peuples et des nations.

LVSL – Concernant cette stratégie de coopération, qu’en est-il des discussions avec Génération.s qui avaient été amorcées par Ian Brossat ?

Fabien Roussel – Non, on a affirmé que nous souhaitions que Ian Brossat soit notre tête de liste, à la tête d’une liste qui soit la plus large et rassembleuse possible. On va continuer à travailler, pas seulement avec Benoit Hamon, mais avec toutes celles et ceux qui se diront disponibles. C’est pourquoi nous allons rencontrer prochainement les différentes forces de gauche. Et puis on décidera ensemble de comment on atterrit. L’objectif c’est qu’on puisse en tout cas être rapidement en campagne avec une liste complète, et aujourd’hui on y va déjà avec Ian Brossat.


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