Les extrêmes droites et l’Union européenne : une relation plus ambiguë qu’il n’y paraît

Marine le Pen arborant un drapeau de l’Union européenne aux couleurs inversées © Le Dauphiné

« Les extrêmes droites européennes sont eurosceptiques[1] ». Voilà une phrase que l’on entend en boucle dans différents médias, rangeant dans le même sac tous les partis « d’extrême droite » européenne sans réelle mesure ni nuance. Si les formations politiques considérées comme telles possèdent des caractéristiques communes, comme leur nationalisme ou leur rejet des migrants en provenance d’Afrique, leurs positions vis-à-vis de l’Union Européenne ne sont pas toujours similaires. Tant et si bien qu’à quelques encablures des élections européennes, il semble difficile de valider l’analyse selon laquelle les extrêmes droites européennes seraient systématiquement hostiles à l’Union européenne.

« Pour la première fois, on peut espérer changer l’Europe de l’Europe ». Alors que Marine Le Pen semblait avoir fait du Frexit son leitmotiv lors de la dernière campagne présidentielle, l’entendre prononcer ces mots résonne comme une vaste surprise chez bon nombre d’observateurs politiques. Si le départ de Florian Philippot du Rassemblement National (RN) y est sans doute pour beaucoup, la sortie de l’UE apparaît aujourd’hui comme un courant minoritaire au sein du parti. Désormais, Le Pen pratique un discours bien moins radical, et s’est même résignée à laisser de côté l’abandon de l’euro. Surtout, elle a mentionné à plusieurs reprises sa volonté de créer une

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter