Les médias, la sphère publique et le conflit

© Jason Rosewell

À l’occasion du colloque « Crise sanitaire, crise climatique : une crise de la communication ? » co-organisé par le Master conseil éditorial de l’Université Paris 4 et l’Espace éthique Ile-de-France, Audrey Boulard, Eugène Favier-Baron et Simon Woillet de la rubrique Idées et du pôle numérique de LVSL ont été invités à partager leurs conceptions des enjeux contemporains des métiers de la communication par l’Espace éthique Île-de-France. Voici le texte de l’intervention de Simon Woillet, responsable de la rubrique Idées de LVSL. Il s’agit de défendre ici la conception antagonique de la communication, qui fait du langage un champ de conflictualité sociale, contre une certaine vulgate inspirée par la pensée de Jürgen Habermas, qui ferait de la communication (médiatique, politique) un outil de pacification de la société et de ses clivages par le cadre de la discussion rationnelle.

Introduction

Le présent article a pour objectif de soutenir la thèse suivante : les différentes strates de la communication sociale (institutions politiques, presse écrite, numérique, papier, audiovisuelle, radiophonique, réseaux sociaux, publicité…) fonctionnent structurellement suivant des logiques contraires au récit idéologique dominant quant à leur utilité politique et morale. Le mythe démocratique du « pluralisme », de la pacification des sociétés civiles par la mise en circulation libre

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