L’extrême-centre : de la Révolution française à Macron

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« Extrême-centre ». C’est par ce terme que certains analystes ont qualifié le projet d’Emmanuel Macron. Issu d’un mouvement qui n’est ni « à droite » ni « à gauche », le nouveau président se veut radicalement modéré, férocement consensuel. Rejetant avec autant d’énergie les « extrémismes » de gauche et de droite, il incarne la tempérance. Contre les enfiévrés de gauche et les aigris de droite, la force tranquille de l’optimisme. Face à la tempête agitée que soulèvent les « populistes », il est le roc inamovible qui défend, contre vents et marées, la raison et la modération. Cette rhétorique ne date pas d’hier. Elle remonte à l’année 1794, date où les partisans de Robespierre ont été exécutés et remplacés à la tête de l’Etat par les Thermidoriens. Il s’agissait alors de mettre un terme à la radicalité de la Révolution de 1789 sans pour autant revenir à l’Ancien Régime ; aux orties le pouvoir populaire et le pouvoir monarchique, les sans-culottes et les culottes dorées : place aux modérés.

 Robespierre et ses proches sont exécutés le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II). Les députés qui les ont fait tuer veulent se débarrasser de la radicalité politique des Montagnards. Le club des Jacobins est fermé durant

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