Mais qu’est-ce donc que la décroissance ?

©Martouf. Licence : Creative Commons CC0 1.0 Universal Public Domain Dedication

Théorie d’illuminés ? Proposition de retour à l’âge de pierre ? Réaction antimoderne de hippies ? La décroissance n’est pas encore débarrassée des clichés. Ce concept, qui ne cesse de gagner en popularité à l’heure d’une longue stagnation économique, mérite un éclairage digne de ce nom.

Un concept relativement moderne

 

Bien qu’en germe dans l’esprit d’un certain nombre d’auteurs critiques de la révolution industrielle du XIXème siècle – Murray Bookchin, Pierre Kropotkine, Léon Tolstoï, entre autres -, le concept de décroissance ne s’enracine dans l’espace intellectuel qu’au tournant des années 1970. En effet, c’est en 1970 qu’est publié le rapport Meadows du club de Rome. Celui-ci affirme que l’humanité serait sur une trajectoire d’utilisation des ressources naturelles totalement insoutenable, et bénéficie d’une forte exposition médiatique. Il s’agit d’une première étape dans la constitution de l’écologie politique moderne. Il faut dire néanmoins que certains auteurs s’étaient déjà penchés sur le sujet et jouent aujourd’hui les parents idéologiques du mouvement décroissant. C’est ainsi que le philosophe Jacques Ellul, par sa critique du règne de la technique a inspiré les décroissants. Ou, dans un domaine plus politique, André Gorz, qui a théorisé l’écosocialisme. On pourrait ajouter

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