Manchester by the Sea : le film que Camus aurait pu réaliser

©Bex Walton. Licence : Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0).

Voilà 57 ans qu’Albert Camus nous a quittés après un tragique accident de voiture. Sa réflexion sur l’absurde est encore très présente aujourd’hui. Manchester by the Sea, le dernier film de Kenneth Lonergan (scénariste de Gangs of New York) met en scène un personnage principal, Lee Chandler, comparable à Meursault, le protagoniste de L’Étranger. 

 

« Il n’y a pas d’amour de vivre sans désespoir de vivre. » (L’Envers et l’endroit)

Le film s’ouvre sur plusieurs scènes dans des appartements différents où Lee Chandler, incarné par Casey Affleck, concierge et homme à-tout-faire, répare chez les gens des fuites d’eau, des ampoules, débouche des toilettes. On se prend rapidement d’empathie pour lui, il n’est pas respecté, mal payé. Mais il accepte cette vie miséreuse dans un T1 crasseux et se bat dans les bars la nuit tombée, lorsqu’il est alcoolisé.

L’intrigue bascule quand il apprend que son frère décède. Une scène hallucinante déstabilise le médecin, l’infirmière et un ami de son frère, quand ils constatent que Lee est insensible au décès. Il ne pleure pas, ne s’énerve pas et s’enquiert rapidement des démarches à suivre. On lui demande s’il veut voir son frère, il hausse

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