Mandeville, Némésis rétrospective du libéralisme de gauche ?

C’est à plusieurs titres que l’on peut saluer la récente édition, par Dany-Robert Dufour, d’une série de textes de l’écrivain néerlandais Bernard de Mandeville (1670-1733) – l’Essai sur la charité et les écoles de charité, Vénus la populaire, l’Apologie des maisons de joie, et bien sûr la fameuse Fable des abeilles (titre original : La Ruche murmurante ou les Fripons devenus honnêtes) et sa Préface.

L’ouvrage constitue d’abord un recueil inédit, premier ensemble mandevillien de cette ampleur à bénéficier d’une édition de poche en français. Il se distingue aussi par la densité de son appareil critique : on y trouve, en début d’ouvrage, une préface sous forme d’essai qui redit l’importance de Mandeville, accoucheur de l’anthropologie libérale et « fondateur […] de l’esprit du capitalisme » (p. 26), mais aussi de nombreuses notes et préfaces particulières introduisant les différents textes. Bien qu’édités d’après des traductions d’époque, les textes français ont aussi été révisés et annotés par Dufour. Enfin, ce dernier, en présentant et en discutant les thèses d’un “petit” philosophe du XVIIIe siècle (mais qui porta à incandescence l’économie et la morale des « Lumières »), assume sans biaiser sa propre position d’éditeur-philosophe, son travail visant à placer l’actualité du libéralisme intégral

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