« On a souvent affirmé avec excès qu’il n’y avait pas d’alternative au parti d’Erdogan » – Entretien avec Jean-François Pérouse

Meeting organisé par Erdogan © The Independent

Les élections municipales turques révèlent la fragilité de l’hégémonie d’Erdogan. C’est seulement deux semaines après les élections que Ekrem Imamoglu, le candidat du principal parti d’opposition, a été déclaré vainqueur à Istanbul, mettant fin à quinze ans de gestion AKP, le parti au pouvoir. LVSL a rencontré Jean-François Pérouse, géographe urbain et turcologue, qui arpente la Turquie depuis les années 90. Il est l’auteur d’Erdogan. Nouveau père de la Turquie ? (Ed. Nouvelles François Bourin, 2016) et d’Istanbul Planète : La ville-monde du XXIe siècle (Ed.La Découverte, 2017). Il revient sur les élections municipales, qui furent le dernier scrutin avant 2023. L’occasion de dresser un panorama de la vie politique turque. Entretien réalisé par Clément Plaisant et retranscrit par Adeline Gros.

LVSL – Que nous révèlent ces élections de l’opposition à Erdogan et de l’état du rapport de force ?

Jean-François Pérouse – On a bien souvent affirmé avec excès, en Europe occidentale, qu’il n’y avait pas d’alternative à l’AKP. Mais il existe un potentiel dans l’opposition. Lorsqu’on analyse les résultats de ces élections dans le détail, on s’aperçoit que partout où il y a eu des luttes sociales sur les lieux de travail, des luttes écologistes contre des projets de centrales

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