Où en est l’extrême droite française ?

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Marine_Le_Pen_Jean-Marie_Le_Pen_Bruno_Gollnisch_Parlement_europ%C3%A9en_Strasbourg_10_d%C3%A9cembre_2013.jpg
Jean-Marie Le Pen, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch au Parlement européen, le 10 décembre 2013. © Claude Truong-Ngoc.

À l’extrême droite, la domination sans partage du Rassemblement national sur le plan électoral concentre naturellement l’attention médiatique, au détriment de l’analyse d’autres phénomènes politiques. L’existence de groupuscules violents est pourtant bien documentée, quoique trop souvent comprise comme une succession de faits divers. Peut-on réduire l’extrême droite française contemporaine à ces deux visages caricaturaux ?

Si l’ex-Front national bénéficie d’une solide rente électorale qui lui assure le rôle de « meilleur ennemi » d’un centre libéral et européiste, son histoire reste marquée par une incapacité à prendre les rênes du pays. Le recentrage de Marine Le Pen autour de thématiques sociales et souverainistes, en rupture avec un Jean-Marie Le Pen qui se présentait dans les années 80 comme le « Reagan européen », ne lui a pas permis à ce jour de réaliser la percée tant attendue. Bien au contraire, son échec au second tour de l’élection présidentielle de 2017 a sérieusement affaibli ses prétentions à incarner une alternative politique crédible.

Néanmoins, l’extrême droite peut-elle exister dans les urnes en dehors du Front/Rassemblement national ? Il est permis d’en douter. Toutes les expériences allant dans ce sens se sont terminées par de cuisants échecs, du Parti des forces nouvelles, champion de l’eurodroite dans les années 70-80,

Notre contenu est entièrement GRATUIT,
pour continuer à le lire, connectez-vous
S'inscrire Se connecter