Les procès en utopie, une rhétorique qui s’épuise

Un simple coup d’œil à la table des commentateurs de BFM-TV le dimanche soir du second tour de la primaire de la Belle Alliance Populaire, qui a couronné Benoît Hamon face à Manuel Valls, suffisait à montrer à quel point le club fermé de l’éditocratie télévisuelle – Brunet, Barbier, Duhamel et autres – n’avait (encore) pas prévu un tel résultat dans son logiciel bien huilé. Au-delà du réflexe anti-hamoniste primaire de ses “experts”, qui prouve qu’ils détestent ce qui les désarçonne, il est intéressant de noter leur recours à une rhétorique bien connue : le procès en utopie. Décryptage de ce non-argument, degré zéro du débat politique qui n’en est plus à une absurdité près : repeindre Hamon en héraut de la gauche radicale, par exemple…

Sur BFM, une micro-bulle éditocratique méprisante

C’est désormais devenu une sorte de rituel : à chaque événement politique son cortège d’invités sur les plateaux télé. Des « experts » politiques, véritables petits soldats du décryptage et de l’analyse, généralement éditorialistes de leur état. Parmi eux, Alain Duhamel, Christophe Barbier, l’indéboulonnable Franz-Olivier Giesbert ou encore Eric Brunet. Brunet, sur lequel cela vaut le coup de s’arrêter cinq secondes, pour le plaisir : l’homme a

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