Quand la rhétorique dépolitise le débat public

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Emmanuel Macron lors du 100ème Congrès des maires de France, le 27 novembre 2017 ©Jacques Paquier

« Juste », « équité », « responsable », ces dernières années, les discours des personnalités politiques, qu’elles soient de droite ou de gauche, se ressemblent à s’y méprendre. Mêmes procédés rhétoriques, même vocabulaire, les prises de paroles semblent se vider de plus en plus de leur sens, au point de devenir totalement inconsistantes, interchangeables, mais surtout dépolitisées. Analyse.

« C’est pour cela que la réforme des retraites, à laquelle je me suis engagé devant vous, qui est portée par le gouvernement, sera menée à son terme, parce qu’il s’agit d’un projet de justice et de progrès social […] Un projet de justice et de progrès social parce qu’il assure l’universalité […] parce qu’il se traduit par plus d’équité […] parce qu’il repose sur un principe de responsabilité ». C’est par ces mots qu’Emmanuel Macron a conclu ses vœux qu’il a adressés aux Français pour l’année 2020. Derrière cette phrase, avec laquelle personne ne peut vraiment se trouver en désaccord, se cache l’un des maux les plus importants de notre génération, la manipulation par les mots.

Faire naître des émotions

À son époque déjà, Platon considérait que le « pathos », soit l’appel aux sentiments du public – en plus du « logos » d’Aristote

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