Répression des mouvements du Rif par l’État marocain : aux origines de la fracture

©Tyk

Le 5 avril, la cour d’appel de Casablanca a condamné les leaders du mouvement social du Rif (le Hirak) à vingt ans de prison. Cette région du Maroc était secouée depuis des mois par des manifestations mettant en cause le régime marocain. Elles dénoncent les fractures opposant la région du Rif à l’État central marocain, qui remontent à l’époque coloniale.

Au total, 54 personnes ont été condamnées par la cour de Casablanca. Dans un rapport publié le 17 décembre 2018, Amnesty International constate de graves violations du droit à un procès équitable. L’organisation craint tout particulièrement que ces condamnations soient fondées sur des aveux extorqués sous la torture.

Le Hirak du Rif : de la lutte contre la colonisation à la lutte contre le Makhzen*

Le mouvement populaire du Rif (nommé Hirak, qui signifie mouvement en arabe)  reflète en substance une vieille crise de l’Histoire, entre l’État et cette région au nord-est du Maroc. Après la conférence d’Algésiras de 1906 – au cours de laquelle l’Espagne et la France partagèrent une influence au Maroc qui souffrait de faiblesses, de divisions et de conflits internes – une grande partie du nord du Maroc, connu sous le nom du Rif passe

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