« Saint-Just, l’archange de la Révolution » – Entretien avec Antoine Boulant

Antoine Boulant. Capture Le Scribe accroupi, Olivier Magnan / DR.

« La révolution est glacée, tous les principes sont affaiblis. » Cette phrase résonne comme une sentence. Elle traduit mieux qu’aucune autre l’état d’esprit de ceux qui ont fait la Révolution française et qui, hantés par la mort, percevaient déjà leur fin prochaine. Son auteur, Saint-Just, fut le compagnon de Robespierre. Guillotiné à seulement 26 ans, il aura néanmoins joué un rôle décisif dans le procès du Roi, dans les séances du Comité de Salut Public comme dans l’organisation de la défense de la France contre les invasions étrangères. Son ombre continue de planer sur la Révolution et son héritage parvient jusqu’à nous. « L’archange de la mort » disait Michelet ; sans doute le caractère ombrageux autant que le destin tragique de Saint-Just justifient-ils qu’il ait été baptisé de ce nom. L’historien Antoine Boulant lui consacre une biographie, Saint-Just. L’archange de la Révolution (2020), parue aux éditions Passés Composés, afin d’interroger pleinement l’œuvre politique, théorique, mais aussi militaire de l’un des principaux acteurs de la Terreur.

LVSL – Quelles sont les inspirations intellectuelles du jeune Saint-Just ? Est-il davantage l’héritier de Rome ou du siècle des Lumières ?

Antoine Boulant – Comme un grand nombre de futurs conventionnels, Louis-Antoine de Saint-Just a en effet été

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