Un programme Apollo pour sauver Airbus

Malgré un plan d’aide publique record, le géant Airbus annonce en ce début juillet la suppression d’environ 15 000 postes, dont 5 000 en France. L’effet en cascade sur les sous-traitants risque d’affaiblir encore plus sévèrement notre outil industriel. C’est donc un échec, en termes de sauvegarde de l’emploi et de compétences, qui montre qu’aligner des milliards ne suffit pas. Sans vision stratégique imposée par l’État, la main invisible du marché continue sa basse besogne. En parallèle, l’urgence climatique impose une sortie rapide de l’avion thermique. Dès lors, seul un grand programme national et européen, ambitieux comme le fut le programme Apollo, peut permettre de répondre à ce triple objectif de sauvegarde de l’emploi, de renforcement de nos capacités industrielles, et de développement accéléré de l’avion zéro carbone. Cette crise peut même être une opportunité, en ce sens que la concurrence américaine et chinoise devra tôt ou tard sortir à son tour des énergies fossiles. Comment, dès lors, restructurer la filière aéronautique franco-européenne ? Par Pierre Gilbert et Nicolas Vrignaud.

Les turbulences de la crise économique due au Covid-19 atteignent désormais de plein fer la filière aéronautique. Le trafic aérien stoppé et les avions cloués au sol (jusqu’à 90% du trafic mondial à

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La nationalisation des compagnies aériennes : une fenêtre d’opportunité pour la gauche

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Un avion de la compagnie américaine Delta Airlines à l’aéroport de Chicago. © maswdl95

Alors que la pandémie du Covid-19 a mis à terre nos économies, les États capitalistes s’engagent de plus en plus dans la planification. Pour l’économiste britannique Grace Blakeley, autrice d’un livre contre la financiarisation, la période qui s’ouvre offre une fenêtre d’opportunité inédite pour exiger des transformations économiques radicales. Article de notre partenaire Novara Media, traduit par Lauréana Thévenet et édité par William Bouchardon.

Entre les banques centrales qui injectent des milliers de milliards de dollars sur les marchés financiers et dans le secteur privé et les États qui nationalisent des entreprises en difficulté, la frontière entre “l’État” et le “marché” construite par l’économie politique libérale est plus mince que jamais. Mais une plus forte intervention de l’État dans l’économie n’est pas synonyme d’avènement du socialisme. Ce n’est pas en se contentant de quelques nationalisations stratégiques que les États capitalistes deviendront socialistes.

Dans le meilleur des scénarios, nous pourrions assister à une renaissance de certaines pratiques sociales-démocrates de gestion économique courantes dans l’après-guerre. Il est toutefois beaucoup plus probable de voir émerger un modèle de gestion économique nationaliste-corporatiste qui associe quelques aides de l’État en faveur des sections les plus politiques de l’électorat et une aide financière à destination des riches

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