Six ans avant les gilets jaunes : les carrés rouges du Québec

Le mouvement des gilets jaunes en rappelle un autre : celui des carrés rouges, surnommé « printemps érable » au Québec. Cette grève étudiante a embrasé le Québec durant près de huit mois en 2012. Ce mouvement social est sorti victorieux : les étudiants ont bloqué la hausse des frais de scolarité et obtenu la défaite du gouvernement libéral de Jean Charest lors des élections anticipées de septembre 2012. Il paraît donc utile de jeter un regard croisé sur ces deux mouvements sociaux.

Printemps érable : un bref rappel historique

Le printemps érable surgit durant l’hiver 2012, suite à l’annonce par le gouvernement libéral de la province du Québec, de l’augmentation des frais d’inscription à l’Université : +1 625$ canadiens sur cinq ans.

Les premiers débrayages dans les universités ont eu lieu en février 2012. Le mouvement fait tâche d’huile en mars 2012. Au départ, le gouvernement refuse toute négociation et mène une campagne de dénigrement des étudiants, taxés d’« enfants gâtés » refusant de « faire leur juste part ». Il fait également le choix de la répression policière tous azimuts et parie sur l’épuisement de la mobilisation, après le succès de la grande manifestation du 22 mars qui a réuni entre 300 000 et 400 000 personnes dans les rues

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“Nous devons accéder à l’indépendance” – Entretien avec Gabriel Nadeau Dubois

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Gabriel Nadeau Dubois

Gabriel Nadeau Dubois (27 ans) est l’ex-leader du mouvement étudiant québécois durant le “printemps érable” de 2012. Il s’est engagé récemment en politique et a rejoint le parti Québec Solidaire, dont il est devenu co-porte-parole avec Manon Massé. Il a également été élu député au sein de l’Assemblée Nationale du Québec, lors d’une élection partielle. Québec Solidaire (QS) est un parti de gauche indépendantiste, qui agit à l’échelle de la province du Québec, qui fait partie du Canada.

Cet entretien a été réalisé dans la perspective des élections provinciales du Québec qui auront lieu le 1er octobre 2018.

LVSL – Le Parti Libéral du Québec (PLQ) est au pouvoir au Québec, presque sans interruption, depuis 2003. Quel bilan tirez-vous de ces quasi 15 années de gouvernement PLQ ?

GND – Un bilan catastrophique, c’est à dire que les 15 dernières années au Québec se résument par l’affaiblissement marqué de ce qu’on a appelé le “modèle québécois”. Le Québec se distinguait du reste du Canada et de l’Amérique du Nord par des politiques sociales beaucoup plus progressistes, par un filet social beaucoup plus développé, par des services publics beaucoup plus forts,

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