Johann Chapoutot : « Le nazisme, par son imaginaire de la concurrence et de la performance, participe de notre modernité »

Johann Chapoutot à la Sorbonne le 30 janvier 2020, lors d’une conférence pour le cercle Le Vent Se Lève de Paris © Clément Tissot.

Auteur de nombreux ouvrages sur le national-socialisme traduits en une dizaine de langues, récompensé en 2015 par le prix Yad Vashem international, Johann Chapoutot a publié en janvier 2020 Libres d’obéir – le management, du nazisme à aujourd’hui (Gallimard). Il y détaille les théories et pratiques managériales qui avaient cours sous le IIIème Reich, ainsi que les continuités que l’on peut observer avec celles qui se sont développées sous la RFA. Deux ans après notre premier entretien pour LVSL, nous avons souhaité l’interroger sur son dernier ouvrage. Par Martin Saintemarie, Eugène Favier Baron et Vincent Ortiz, retranscrit par Dany Meyniel.

LVSL – À travers le cas de l’ancien officier SS Reinhard Höhn et de son académie où il a enseigné le management, vous mettez l’accent sur la manière dont le nazisme participe de notre modernité. Qu’est-ce que les réactions à votre ouvrage nous apprennent sur la place de la notion de « modernité » dans l’espace médiatique ?

Johann Chapoutot – Il y a un malentendu fondamental sur l’adjectif moderne et la notion de modernité. Dire que le nazisme est un phénomène qui participe, qui procède de notre modernité, donc un phénomène

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