Thaïlande : les victoires sans fin de la junte militaire libérale

Le général et premier ministre thaïlandais Prayut Chan-o-Cha © Wikipedia

Le 24 mars ont eu lieu les premières élections libres de Thaïlande depuis le coup d’État de 2014. Les députés et sénateurs ont reconduit le putschiste Prayut Chan-o-Cha dans ses fonctions de Premier ministre le 5 juin. Le pays a traversé une crise politique majeure ayant abouti à la destitution de la première ministre Yingluck Shinawatra et à un putsch mené par le commandant en chef de l’armée en 2014. Le clivage entre les populations pauvres et les élites thaïlandaises est cristallisé par l’opposition entre le Pheu Thai (Parti des Thaï), soutenu par les classes populaires et le Palang Pracharat (Parti du pouvoir du peuple), le nouveau parti conservateur de Prayut Chan-o-Cha, soutenu par les élites. En apparence, ces élections ont permis de restaurer l’État de droit. Elles confèrent cependant une légitimité supplémentaire au gouvernement militaire installé depuis 2014, en lui permettant de demeurer en place dans la durée.

La Thaïlande a connu douze coups d’État militaires depuis l’instauration de la monarchie constitutionnelle en 1932. Les derniers en date sont celui de 2006, qui renverse Thaksin Shinawatra du parti Pheu Thai et de 2014, qui renverse Yingluck Shinawatra, sa sœur venant du même parti. Dans les deux cas, l’armée a

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